12 octobre

(6 références)

 

St Dismas, le Bon Larron (Ier siècle)

icône contemporaine

Lorsque, le Vendredi Saint, le Christ fut crucifié sur le Golgotha, on prit deux brigands pour les exécuter avec Lui, afin d'accomplir la Prophétie annonçant que le Messie devait «être compté parmi les malfaiteurs» (Isaïe 53:11). On les crucifia avec Lui : l'un à Sa droite, l'autre à Sa gauche. Or, pendant leur agonie, l'un des malfaiteurs, le coeur endurci par le péché, insultait le Seigneur en disant: "N'est-ce pas Toi qui es le Messie? Sauve-Toi Toi-même et nous aussi!". Mais l'autre, prit de repentir et de compassion à la vue du Juste condamné, le reprit sévèrement : " Tu n'as même pas la crainte de Dieu toi qui subis la même peine! Pour nous c'est justice, car nous recevons ce que nous ont valu nos actes, mais Lui Il n'a rien fait de répréhensible". Et il ajouta : "Jésus, Souviens-Toi de moi, lorsque Tu viendras dans Ton Royaume!" Le Seigneur Se tourna alors vers lui et lui dit :"En vérité, Je te le dis, aujourd'hui tu seras avec Moi dans le Paradis". (Luc. 23:39-43). Le Larron fut ainsi le premier homme à obtenir le salut et la rédemption par la Passion du Christ. Il n'eut pas besoin de longues années d'ascèse, de larmes et de prière, mais son seul mouvement de repentir sincère ainsi que sa confession de la divinité du Christ au moment de son extrême abaissement, suffirent à lui obtenir la jouissance des biens de la vie éternelle.

(cf http://monastere-orthodoxe.chez-alice.fr)

St Edwin (+633)

icône contemporaine

Encore païen, cet anglais, roi de Kent, demanda en mariage une chrétienne, Ethelburge. Avec le temps et au travers des événements qui marquaient son règne, il rejoignit la foi de son épouse, instruit par saint Paulin, l'évêque d'York. Il aida ainsi à la fondation de l'Eglise anglo-saxonne. Il n'en rencontra pas moins des oppositions violentes tant de la part de nombreux Anglo-Saxons demeurés païens que des Bretons chrétiens qui refusaient toujours la présence de ces envahisseurs étrangers à leur Grande-Bretagne. Il fut tué lors d'une bataille à Hatfield et sa mort fut considérée comme un martyre.

 

St Wilfrid d'York (634-709)

icône contemporaine

Depuis les invasions anglo-saxonnes, l'Eglise était divisée comme le pays. D'un côté les Bretons ou celtes de vieille chrétienté qui refusaient l'envahisseur. De l'autre les Angles et les Saxons. L'Eglise celte refusait l'archevêque anglais de Cantorbery et vivait pratiquement autonome. L'Eglise anglo-saxonne fondée par saint Augustin, cent ans auparavant, était soumise au siège romain. Ce fut grâce à saint Wilfrid et à quelques autres que ces chrétientés fusionnèrent au VIIème siècle et que l'unité religieuse régna dans le pays. Mais la vie de Wilfrid fut très mouvementée. Moine de Lindisfarn, le jeune garçon poursuivit ses études à Cantorbery. Un saint moine, Benoît Biscop, le prit alors comme accompagnateur pour aller à Rome. Et ce voyage fut pour saint Wilfrid, le début de toute une série. Lorsque les voyageurs passèrent par Lyon, l'évêque de ce diocèse, Delphin le retint auprès de lui une année entière. A Rome, il se familiarisa avec la pratique de la liturgie et, en rentrant en Angleterre, il se fit l'apôtre de la liturgie romaine. Il fonda le monastère de Ripon en Angleterre. Devenu évêque d'York, il avait fait entrer au couvent la femme du roi Egfrid qui ne le lui pardonna pas et l'empêcha de rester dans son diocèse. Saint Wilfrid connut ainsi l'emprisonnement puis, par deux fois, l'exil dont il profita pour évangéliser le Sussex, la Hollande et même l'Austrasie où il faillit devenir évêque de Strasbourg. Il put enfin retourner dans son pays et y passer à peu près tranquillement les quatre dernières années de sa vie. Un historien anglais écrit de lui : "Il a fait tant de bien qu'on lui pardonne aisément ses imperfections et ses foucades."

St Séraphin de Montegranaro (1540-1604)

 

A dix ans, Félix gardait les moutons d'un paysan de son village de Montegranaro dans les Marches en Italie. Il avait le temps de prier. A quinze ans, il devint aide-maçon d'un patron qui le battait parce qu'il trouvait que le temps de la prière était du temps perdu pour le travail. Un jour quil travaillait pour une châtelaine, celle-ci remarqua la tristesse du jeune maçon qui lui répondit :"J'aimerais aller vivre au fond d'un bois pour ne penser qu'à Dieu." Elle obtint son entrée chez les capucins de Todi. Mais ils n'avaient besoin ni de gardiens de moutons ni de maçons. Alors ils le firent attendre, puis, une fois admis, ils lui rappelèrent, par leur mépris, qu'il était en surcharge. Frère Séraphin, de son nom de religieux, ne tarda pas à les étonner. Il ne savait pas lire, mais il savait expliquer l'Evangile comme si le Saint-Esprit était venu le lui commenter. Il guérissait et ses extases furent étonnantes. Six ans après sa mort, le pape Paul V permit qu'on allumât des lampes à son tombeau: c'était reconnaître sa sainteté.

Elisabeth Fry (1780-1845)

gravure

Elizabeth Gurney naquit à Earlham (Norfolk) en 1780. Elle épousa à vingt ans Joseph Fry, commerçant à Londres et quaker de stricte observance. Admise comme ministre dans la Société des Amis, Elizabeth devint une prédicatrice de renom. Quand elle eut connaissance des conditions misérables qui régnaient alors dans les établissements pénitentiaires de son pays, elle prit la décision de se dévouer par tous les moyens aux détenus de Newgate pour améliorer leurs conditions déplorables. En 1820 Elizabeth fut au nombre des fondateurs du refuge de nuit pour les sans-abri de Londres et, cette année-là, elle entreprit de voyager par toute l'Europe avec la volonté de se battre pour la réforme des prisons dans tous les pays du Vieux Continent.
Elizabeth Fry puisa son inspiration dans une radicalité évangélique peu commune; elle n'a cessé son combat qu'avec la mort qui survint le 12 octobre 1845.

  Willi Graf (1918-1943)

Jugé avec Alexandre Schmorel et Kurt Huber, il fut le dernier membre de la "rose blanche" a être exécuté.

Mes parents bien aimés, Chère Mathilde, Chère Anneliese,
Aujourd’hui je vais quitter la vie et partir pour l’éternité. Pour moi, le plus douloureux, c’est de vous faire du mal, vous qui allez continuer de vivre. Mais, vous trouverez réconfort et force auprès de Dieu. C’est pour cela que je prierai jusqu’au dernier instant, car je sais que cela sera plus difficile pour vous que pour moi. Je vous prie de tout cœur Père et Mère, de me pardonner le chagrin que je vous cause. J’ai beaucoup regretté en prison, surtout dernièrement, ce que je vous avais fait. Pardonnez-moi et priez régulièrement pour moi. Gardez un bon souvenir. Soyez prêts et ayez confiance en la mansuétude de Dieu, qui dirige tout pour le mieux, même si nous sommes pour l’instant plongés dans une amère douleur. A quel point je vous ai aimé, je n’ai pas pu vous le dire de mon vivant, mais à présent, durant ces dernières heures, je vous le dis, sur ce papier malheureusement bien banal, je vous vénère et vous aime du fond du cœur. Pour tout ce que vous m’avez offert dans la vie, et pour tout ce que vous m’avez permis de réaliser grâce à votre sollicitude et votre amour. Unissez-vous et trouvez amour et confiance l'un dans l'autre ! L’amour de Dieu nous embrasse et nous avons confiance en sa grâce. Qu’il nous juge avec indulgence ! Je vous salue tous une dernière fois, cher Père, Mère bien aimée, chers Mathilde, Ossy, Anneliese, Joachim, tous mes proches et amis. Dieu nous bénisse, nous ne vivons qu’en lui et par lui. Adieu ! Soyez forts et pleins de confiance en Dieu. Je vous aimerai toujours. Votre Willi ."
(dernière lettre à ses parents, le 12 octobre 1943)

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