22 février

(6 références)

 

  chaire de St Pierre

icône roumaine

Le 22 février, à Rome, on a pris très tôt l’habitude d’honorer la mémoire des défunts et de prendre son repas près de leurs tombes, autour de la « cathèdre » vide qui leur était réservée : ce rituel indiquait la foi en leur présence au milieu de leurs familles. En 354 déjà, la Depositio martyrum, le plus ancien calendrier de l’Église de Rome, atteste que cette fête païenne est remplacée par la mémoire de la chaire de Pierre, c’est-à-dire du commencement de son épiscopat romain. Plus tard, on célébra deux mémoires de la chaire de Pierre, l’une la 18 janvier, particulière à la Gaule, qui commémore le début du service épiscopal de Pierre à Rome, et l’autre le 22 février, mémoire de son ministère à Antioche. Par la fête de ce jour, actuellement célébrée seulement dans l’Église catholique, on a voulu garder pour Pierre, comme on l’a fait aussi pour Paul, une seconde mémoire qui en rappelle la mission spécifique dans l’Église. La commémoration de l’épiscopat romain de l’apôtre est ainsi l’occasion, d’une part, de souligner le fondement apostolique de l’Église de Rome et, de l’autre, son service de présidence dans la charité que la tradition la plus ancienne a reconnu à Pierre et à ses successeurs, que ceux-ci soient l’ensemble des évêques, selon l’interprétation actuelle de l’orthodoxie, ou qu’ils soient plutôt les seuls évêques de Rome, selon l’exégèse de l’Écritures qui prévaut en Occident.

"Le fondement de toute primauté dans l’Église est le Christ.
Toute primauté dans l’humanité rachetée, avant tout de l’évêque dans l’église locale, mais aussi du métropolite au milieu de ses évêques, du patriarche au milieu de ses métropolites, et enfin du premier évêque, celui de Rome dans la pentarchie aux temps où l’Église était indivise, n’est qu’une pauvre image, qui a toujours besoin d’être purifiée, du primat du Seigneur-Amour. Primat de service, jusqu’au témoignage du sang et de la mort, si cela s’impose."
(Olivier Clément, Rome autrement).

Bse Isabelle de France (+1270)

Dès son plus jeune âge, cette soeur du roi saint Louis fut attirée par les choses célestes. Elle était gracieuse et belle en sa jeunesse, mais de santé chétive. Près de sa mère, elle tint son rang au palais royal, mais passait beaucoup de temps avec les pauvres. Elle réussit à ne point se laisser marier à Conrad, le fils de l'empereur Frédéric II, malgré les instances du Pape. Après la mort de Blanche de Castille elle résolut de vivre à l'écart du monde et passa le reste de sa vie dans une petite maisonnette, près du couvent de Longchamp qu'elle avait bâti à Paris pour les clarisses et qu'elle consacra à "l'Humilité de Notre-Dame." Elle y mena une vie d'austérité et de prière, sans prononcer pour autant des voeux de religion.

 

Ste Marguerite de Cortone (1247-1297)

Née à Laviano, sur le lac Trasimène, Marguerite resta vite orpheline de mère. Mal à l’aise avec sa marâtre, elle s’enfuit à seize ans à peine, dans le château du comte Arsène de Montepulciano, avec lequel elle vécut dix années durant. Quand l’homme qu’elle aimait trouva précocement la mort au cours d’une partie de chasse, Marguerite fut repoussée par sa propre famille comme par celle d’Arsène. Abandonnée de tous, avec un enfant à élever, qu’elle avait eu de sa relation avec le noble toscan, la jeune femme fut accueillie par deux nobles dames de Cortone, qui l’adressèrent aux frères mineurs : c’est là qu’elle passera une grande partie de sa vie. Avec l’aide des franciscains, Marguerite marqua à son tour leur spiritualité avec beaucoup de profondeur, en menant une vie de grande austérité et de totale disponibilité aux plus humbles. Sa grande charité et la mystique qu’elle vouait à la passion du Christ, où elle puisait la force d’aimer, firent de Marguerite l’inspiratrice d’innombrables initiatives en faveur des pauvres et des malades : elle ne se lassa jamais de chercher en eux le visage de son Seigneur.
Elle s’éteignit à l’âge de cinquante ans dans une petite cellule de la grotte qui surplombe Cortone, déçue par les décisions prises par les chapitres franciscains qui s’éloignaient désormais de la rigueur des commencements, mais considérée par tous comme un modèle de vie évangélique.

Hans Scholl, Sophie Scholl et Christoph Probst (+1943)

 En l'Allemagne, pendant la dernière guerre, il y eu des mouvements de résistance. Celui de la "rose blanche" a particulièrement marqué les esprits. Il fut créé par un petit groupe d'étudiants chrétiens à Münich, à partir de juin 1942. Ils vont dénoncer le régime hitlérien en diffusant des tracts d'abord destinés aux universitaires puis à la population de Münich et de ses environs, enfin à d'autres grandes villes. Ils seront démasqués, arrêtés, et après un jugement sommaire, immédiatement exécutés. Ils faisaient donc bien peur au gouvernement nazi...

Ils étaient cinq amis : Hans Scholl, qui fut à l'origine du mouvement, sa soeur cadette Sophie, Christoph Probst, Alexandre Schmorell et Willi Graf. Il furent ensuite rejoints par un professeur, Kurt Huber, qui deviendra leur mentor. Tous furent exécutés de février à octobre 1943.
Leur activité fut courte, mais témoigna de leur foi en Dieu et en l'homme, contre l'idéologie nazie. Ils étaient protestants, catholiques et orthodoxe. Ce dernier, Alexandre, a été canonisé par l'Eglise russe hors frontière.

Leurs aides et complices, une quarantaine, eurent des peines de six mois à dix ans de détention.

Hans avait 24 ans et étudiait la médecine. Sa soeur avait 21 ans et faisait des études de philosophie. Christoph avait 23 ans, étudiait la médecine, était marié et déjà père de 3 jeunes enfants. Sa femme accouchait du troisème, une petite fille, lorsqu'il fut guillotiné avec ses compagnons. La veille de sa mort, il avait demandé un prêtre pour recevoir le baptême, qu'il désirait depuis longtemps.

"Ils se sont conduits avec un courage extraordinaire. Toute la prison en était bouleversée. Aussi avons-nous pris le risque - si cela s'était su, il nous en aurait coûté - de les réunir tous trois avant l'exécution. Nous voulions qu'ils puissent encore fumer une cigarette ensemble. Ce ne furent que quelques instants, mais je crois que cela comptait beaucoup pour eux. "Je ne savais pas que ce fût aussi facile de mourir" dit Christoph Probst. Et il ajouta : "Dans quelques minutes, nous nous reverrons dans l'éternité." Alors on les emmena, d'abord la jeune fille. Elle marcha dans un calme absolu. Nous ne pouvions pas comprendre que cela fût possible. Le bourreau avoua qu'il n'avait encore jamais vu personne mourir ainsi. (témoignage d'un gardien de prison).

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