21 octobre

(10 références)

 

St Hilarion (IVème siècle)

icône contemporaine

Sa vie a été écrite par saint Jérôme qui nous donne ainsi une très bonne esquisse biographique. Ses parents étaient païens. Très jeune, il découvrit Jésus-Christ. Pour mieux vivre l'évangile, il se retira au désert à 15 ans où sa seule lecture fut celle des Saintes Ecritures. Des admirateurs le poursuivent, tant est grand son rayonnement. La foule veut l'empêcher de partir. Il commence une grève de la faim et, avec quarante moines, il se dirige vers Alexandrie, puis vers la Lybie et la Sicile. Là encore, il est assiégé par "une multitude innombrable" d'admirateurs. Il gagne la Dalmatie et enfin Chypre où il peut passer les cinq dernières années de sa vie dans la solitude et la paix. Saint Jérôme cite de lui beaucoup de faits merveilleux et des paroles pleines de la Sagesse divine. Au moment de mourir dans la paix du Seigneur, il s'anima contre lui-même : "Il y a près de soixante-dix ans que tu sers Jésus-Christ. Et tu appréhendes encore la mort ?"

Ste Ursule (IVème siècle?)

icône contemporaine

Que n'a-t-on pas dit de ces jeunes femmes chrétiennes, vierges et martyres à Cologne. La piété populaire a brodé sur leur existence bien des détails éloignés de l'histoire qu'on suppose être la leur, jusqu'à porter leur nombre jusqu'à 11.000. Selon cette "Passion" peu fiable et, en termes actuels, on pourrait dire que ces jeunes filles écossaises furent réunies à Londres pour être conduites de force afin de les marier aux soldats romains cantonnés en Armorique, ce dont les parents tiraient quelque profit. Les bateaux qui les y menaient furent détournés par la tempête et échouèrent en Germanie où des hordes d'Attila les capturèrent. Devant leur refus de céder à leurs passions, elles furent massacrées. Il est plus vraisemblable qu'elles soient des martyres durant une persécution romaine si on se réfère à l'inscription qui date d'avant les invasions germaniques de 406 et qui fut découverte au 9ème siècle dans une église de Cologne. L'épigraphe portait : XI M qu'on pouvait lire « Onze martyres » ou « Onze mille ». Quoi qu'il en soit, le culte de sainte Ursule et de ses compagnes se répandit très vite et de nombreuses églises furent élevées en leur honneur. Au 13ème siècle la Sorbonne l'adopta comme patronne, imitée en cela par l'université de Coimbra au Portugal et celle de Vienne en Autriche.

Ste Céline (Vème siècle)

icône contemporaine

Elle avait épousé, très jeune, Emile, le comte de Laon. Elle lui portait une grande affection et, par son caractère aimable et modeste, ils vécurent dans une grande union de cœur et de foi chrétienne. Ils prirent grand soin de l'éducation de leurs enfants qui devinrent tout trois prêtres. Le dernier nous est le plus connu, Rémi, né sur le tard, dont ils donnèrent le soin aux clercs de l'église Sainte-Marie de Laon. Il devint saint Rémi, l'archevêque de Reims.

St Walfroy (+595)

Originaire de Lombardie, il avait entendu parler des vertus et de la sainteté de saint Martin dont il voulut copier les faits et gestes. "Je ne savais pas, disait-il, s'il avait été martyr ou confesseur. Je ne connaissais pas le pays où il avait vécu." Il mendiait pour distribuer aux plus pauvres ce qu'il avait pu recueillir. Mais cela ne lui suffit bientôt plus. Alors il partit pour la France et d'étapes en étapes, il s'en vint à Limoges où Arédius, l'abbé du monastère de Saint Yrieix, le conduisit lui-même à Tours. Il quitta ensuite le Limousin pour se rendre dans le diocèse de Trêves qui s'étendait jusque dans les environs de Reims et dont une grande partie de la population était encore païenne. Il éleva une colonne non loin du temple de Diane, la déesse de la chasse. Il vécut sur cette colonne durant des années, sans rien pour se protéger des rigueurs de l'hiver au point que les gelées lui faisaient tomber les ongles eux-mêmes. Jusqu'au jour où l'évêque du lieu lui déclara : "La voie que tu suis n'est pas la bonne. Tu n'as pas à te comparer à Siméon d'Antioche (qu'on appelle actuellement saint Syméon le Stylite). La rigueur du climat ne te le permet pas." Selon l'historien saint Grégoire de Tours, Walfroy obéit et rejoignit le monastère le plus proche :"L'obéissance est plus chère à Dieu que le sacrifice." L'évêque fit détruire la colonne. "Je pleurai amèrement, dit saint Walfroy à Grégoire de Tours venu le visiter. Mais je ne voulus pas relever ce qu'ils avaient démoli de peur de désobéir aux évêques. Depuis lors j'habite ici et je suis content d'habiter avec les frères."

Il est le seul "stylite" occidental.

St Fintan (+635)

Fils d'un barde irlandais, il abandonna la garde des troupeaux de son père pour étudier auprès d'un saint prêtre qui vivait en ermite. Devenu disciple de saint Comgall à Bangor, il fonda à son tour l'abbaye de Teach-Munnu (aujourd'hui Taghmon) en Irlande. Il resta partisan des traditions liturgiques celtiques contre les partisans de l'introduction des usages romains.

 

St Astier (+640)

Né païen, dans le Périgord, il reçut le baptême vers l'âge de quinze ans à Angoulême des mains de saint Cybar qui était sans doute l'un de ses parents. Il revint dans sa famille quelque temps après et l'entraîna dans la foi en Jésus-Christ. Puis il s'en fut dans la solitude, travaillant de ses mains pour vivre. L'on venait de loin recevoir ses conseils et même bénéficier de son don de guérison. Il vécut de longues années ainsi.

 

St Jean de Monembasia (+1773)

icône contemporaine

 

Il vivait dans le Péloponnèse lorsqu'il fut capturé avec sa mère dans une razzia albanaise et vendus tous deux comme esclaves à un Turc de Thessalonique. Celui-ci voulut lui faire embrasser la foi musulmane et lui faire perdre sa chasteté. Ni les promesses, ni les menaces, ni les tentations l'ébranlèrent. Furieux d'être ainsi vaincu par un adolescent, son maître lui enfonça un glaive dans le ventre et le laissa mourir, martyr de sa fidélité au Christ, après deux jours d'agonie.

 

 Bx Charles d'Autriche (1887-1922)

et Zita de Bourbon Parme (1892-1989)

Charles d'Autriche, fils de l'archiduc Otto et de la princesse Marie-Joséphine de Saxe, fille du dernier roi de Saxe, naquit le 17 août 1887 au château de Persenburg, en Autriche inférieure. L'Empereur François Joseph I était son grand-oncle. Charles reçut une éducation catholique approfondie. Très tôt, grandit chez Charles un grand amour pour l'Eucharistie et pour le Coeur de Jésus. Il prit toutes les décisions importantes de sa vie en priant. Le 21 octobre 1911, il épousa la Princesse Zita de Bourbon-Parme (dont la cause de béatification est ouverte). Ce furent dix années d'une vie conjugale heureuse, couronnées par la naissance de 8 enfants. Le 28 juin 1914, l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône, est victime d'un attentat. Charles devint alors l'héritier du trône de l'Empire austro-hongrois. En pleine Première Guerre mondiale, avec la mort de l'empereur François-Joseph le 21 novembre 1916, Charles devint empereur d'Autriche. Le 30 décembre, il fut couronné roi apostolique de Hongrie. Cette charge est perçue par Charles comme une voie pour suivre le Christ : dans l'amour pour les peuples qui lui sont confiés, dans sa bienveillance à leur égard, dans le don de sa vie pour eux. Pendant cette guerre terrible, Charles plaça le devoir le plus sacré d'un roi - l'engagement pour la paix - au centre de ses préoccupations. De tous les responsables politiques, il fut le seul à soutenir les efforts de Benoît XV en faveur de la paix. Il travailla également à l'élaboration d'une vaste législation sociale inspirée de l'enseignement social chrétien. Son attitude permit, à la fin du conflit, la transition vers un nouvel ordre sans guerre civile. Il fut cependant banni de sa patrie. Pour répondre au désir du Pape, qui craignait l'établissement du pouvoir communiste en Europe centrale, il tenta de rétablir son autorité en Hongrie. Mais deux tentatives échouèrent car il voulait éviter le déclenchement d'une guerre civile. Charles fut envoyé en exil sur l'Ile de Madère. Considérant sa charge comme un mandat de Dieu, il n'abdiqua pas. Réduit à la misère, il vécut avec sa famille dans un logement insalubre. Il tomba gravement malade, acceptant la maladie comme un sacrifice pour la paix et l'unité de ses peuples. Charles endura ses souffrances sans se plaindre et pardonna à tous ceux qui lui avaient fait du mal. Il mourut le 1 avril 1922, le regard tourné vers le Saint-Sacrement. Sur son lit de mort, il répéta la devise de toute sa vie: "Je m'engage toujours, en toutes choses, à connaître le plus clairement possible la volonté de Dieu et à la respecter, et cela de la manière la plus parfaite". Veuve, sans ressources, se dévouant aux siens et à tous, l’impératrice Zita vit en Espagne, en Belgique, au Québec et aux Etats-Unis, puis revient en Europe après la Seconde Guerre. Elle rend son âme à Dieu le 14 mars 1989, et est enterrée à Vienne le 1er avril suivant.

 Bx (Guiseppe (Pino) Puglisi (1937-1993)

Giuseppe Puglisi, dit Pino Puglisi ou « 3P » (Padre Pino Puglisi) naît à Palerme d'une famille modeste. A 16 ans, il entre au séminaire diocésain de Palerme et est ordonné prêtre le 2 juillet 1960. De 1970 à 1978, il est nommé curé de Godrano, près de Palerme, dans un village marqué par une ‘vendetta’ sanglante, et y amène au pardon les familles belligérantes. En 1978, il est nommé vice-recteur du petit séminaire de Palerme et administrateur du service des vocations du diocèse. En 1983, il devient directeur du Centre régional pour les vocations, et enseigne au lycée classique Vittorio Emanuele II à Palerme. En 1990, il est nommé dans le quartier de Brancaccio, terre de mafia. Il s'engage pour les jeunes : un collège naîtra après sa mort. Il fonde une maison d'Accueil « Padre Nostro » pour les familles en difficulté. En 1992, il devient directeur spirituel du séminaire de Palerme et dirige des mouvements d'évangélisation. Son attention se tournera progressivement vers le problème du recrutement des jeunes par la Mafia. Mais le bruit court qu'il abrite en plus chez lui des agents de la brigade anti-mafia et son exécution est décidée. Don Pino Puglisi est assassiné le 15 septembre 1993, le jour de son 56e anniversaire, vers 20h45 devant sa maison. Lorsque le tueur lui a tiré une balle dans la nuque, don Puglisi a murmuré en souriant : « Je m'y attendais ». Celui qui a effectué l'autopsie a été marqué par ce sourire inscrit sur son visage. Son assassin, Salvatore Gregoli, a été arrêté en juin 1997. Il a reconnu : « Je pourrais avoir tué un saint. Et j'en répondrai devant Dieu ». Il dit que maintenant il croit en Dieu. Il a avoué avoir tué 50 personnes et avoir participé à plusieurs attentats. La mort de don Pino l'a « conduit à la vie honnête » qu'il mène maintenant et rend « supportable l'horreur » de sa vie passée, mais ne la fait pas oublier : « Je pense à mes morts, je pleure et je prie pour eux ». Chaque jour il allume un cierge pour demander pardon « à don Puglisi ». Et tous les soirs, avant d'aller se coucher il « demande pardon à Dieu ». Il est marié et a trois enfants, un travail ; il sourit mais n'oublie pas son passé. Il a ajouté, dans un entretien à Panorama, en 2012 : « Chaque fois que j'y pense, que j'en prends conscience, j'ai des sueurs froides, et je voudrais devenir un fantôme, une ombre. Je voudrais mourir. Mais ce sourire, le sourire de don Puglisi me sauve encore. Tous les soirs ». Don Pino Puglisi a été béatifié le 25 mai 2013. En ouvrant le cercueil, le corps du prêtre assassiné a été retrouve "en très bonne condition". Ce qui a surtout surpris est d'avoir retrouvée intacte la rose déposée sur le corps du martyr, avant de fermer le cercueil. La mémoire liturgique a été fixée au 21 octobre, jour de son baptême, car le 15 septembre, jour de sa naissance et de son martyre, l’Église célèbre la mémoire de Notre-Dame des Sept-Douleurs.

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