11 novembre

(9 références)

 

St Ménas (+303)

fresque copte contemporaine

Soldat égyptien qui, pendant les persécutions de l'empereur Dioclétien, se déclara chrétien et fut éprouvé pour cette raison d'effroyables tortures avant d'être décapité. Il fut longtemps le saint patron de l'importante colonie égyptienne de Rome. Un synaxaire grec contemporain rapporte ce fait que les soldats grecs qui étaient dans l'armée des Alliés, lors de la bataille d'El-Alamaeïn (saint Menas) le prièrent : " La nuit venue, saint Ménas apparut au milieu du camp allemand à la tête d'une caravane de chameaux strictement de la même manière qu'il était jadis représenté sur une des fresques de l'église décrivant les miracles du saint." Cette apparition jeta la stupeur puis la panique parmi les troupes allemandes et atteignit si fort leur moral que les Alliés remportèrent la victoire. En reconnaissance, on restaura l'église du saint Menne, à Alamaeïn. L'Eglise grecque conserve pieusement ce souvenir.

St Martin (316-397)

2009 (20 x 15 cm)

Il est né en Pannonie, l'actuelle Hongrie, sur les frontières de l'empire romain où son père était en garnison. A 15 ans, il est soldat car la loi romaine obligeait les fils de soldats à s'enrôler dans l'armée. Il est muté en Gaule et c'est là, qu'à Amiens, il rencontre le pauvre grelottant à qui il donne son manteau et dont il apprend durant la nuit que c'est le Christ qui lui a fait cette demande. Il hésitait à devenir chrétien, il s'y décide enfin. Il quitte l'armée pour rejoindre saint Hilaire à Poitiers. Avec lui, il fonde le premier monastère des Gaules, à Ligugé, en Poitou. C'est là qu'il sera enlevé par les habitants de Tours qui en font leur évêque. Mais l'ancien soldat devenu chrétien ne s'enfermera pas dans sa cité. Il évangélisera parcourant les campagnes jusqu'à sa mort, à Candes, sur les bords de Loire, en disant cette parole : "Seigneur, s'il ne faut, garde-moi en vie, car je ne refuse pas le labeur." En France, près de 500 localités et bourgades portent son nom.

St Berthuin de Malonne (+798)

D’origine aristocratique anglo-saxonne, le jeune Berthuin fut instruit à l’abbaye d’Otbell. Plus tard, il fut choisi par les paroissiens pour prendre la tête du diocèse. Suite à une vision, il alla se fixer sur les bords de la Sambre dans la forêt de Marlaigne, après un séjour à Rome. Il y bâtit une cellule qui devint l'origine d'un monastère tant sa sainteté lui attirait des disciples. La riche et prospère abbaye, et de là, le village de Malonne virent ainsi le jour. Berthuin fit déjà bon nombre de miracles de son vivant, et les gens qui le rencontraient lui reconnaissaient l'âme et la sagesse d'un saint homme humble, chaste et pieux, se donnant totalement au service de son prochain et de son Dieu.

St Théodore Studite (759-826)

icône contemporaine

Théodore est né dans une noble famille de Constantinople. Noble et pieuse, puisque tout un pan de la famille est entré au couvent, Théodore compris, dans un petit monastère d'Asie Mineure dirigé par un oncle. Théodore est supérieur du monastère quand l'empereur répudie sa femme légitime et épouse religieusement sa maîtresse, une parente de la pieuse famille. Théodore et ses moines réprouvent publiquement ce mariage : premier exil. Théodore a 37 ans. Les choses se tassent avec un changement d'empereur. Entre-temps, des raids arabes ont chassé les moines byzantins d'Asie Mineure. Théodore se retrouve à la tête d'un monastère de Constantinople, le Stoudios. Habité par un ardent désir de retrouver la pureté du monachisme primitif et de redonner à la vie communautaire ses lettres de noblesse, Théodore fait du Stoudios le centre d'une réforme monastique. Dans les Catéchèses qu'il adresse chaque jour à ses frères, il exalte l'obéissance et la fidélité au devoir quotidien. La vie paisible du cloître ne durera pas longtemps. L'empereur Léon V reprend la politique des empereurs du siècle précédent et met hors la loi les images saintes. Théodore devient l'âme de la résistance Il passera le restant de sa vie dans un exil douloureux. Le règlement du Stoudios, tel qu'il l'a établi, servira de règle à un grand nombre de monastères orientaux.

St Barthélémy de Grottaferrata (+1065)

Il naquit en Calabre et se mit tout jeune sous la conduite de son compatriote St Nil, qui fonda le monastère italo-grec de Grottaferrata (territoire de Tusculum près de Rome), sous la règle de St Basile. Passionné par les études, il parlait plusieurs langues. Devenu abbé, il fit de ce monastère un foyer de science et d'art, à une époque de décadence généralisée en Occident.

 

St Stephan de Detchani (+1336)

icône contemporaine

Il eut les yeux crevés par son père, le roi Miloutine ou Milocevitch de Serbie, qui le croyait meneur d'une conspiration menée contre lui. St Stephan endura avec patience cette épreuve. Envoyé comme otage à Constantinople, il fut enfermé au monastère du Pantocrator où sa douceur, sa patience, ses attentions délicates pour tous, lui attirèrent la bonté des moines. St Nicolas lui apparut en songe et lui rendit la vue. En reconnaissance, le prince fit construire l'église de Detchani qui est un des chefs d'œuvre de l'art byzantino-serbe. Saint Stephan fut assassiné par l'un de ses fils.

St Maxime de Moscou (+1434)

icône russe

Fol en Christ qui vivait à Moscou à l'époque de la domination tatare, il allait par toute la ville presque nu en toutes saisons, malgré le froid des hivers, ayant choisit de se déguiser en fou pour la cause du Christ. Enseignant le renoncement et condamnant publiquement les riches qui édifiaient leur fortune sur le malheur des pauvres, il disait souvent aux riches et célèbres : "La maison a un coin aux icônes, mais la conscience est à vendre. Chacun fait le Signe de Croix, mais aucun ne prie. Dieu voit tout ce qui ne va pas. Il ne vous trompera pas, mais vous non plus, vous ne Le tromperez pas".
St Maxime mourrut le 11 novembre 1434 et fut enterré dans l'église des saints princes Boris et Gleb. Des guérisons miraculeuses commençèrent à se faire sur les reliques du saint de Dieu. Dans une encyclique de 1547, le métropolite Macaire enjoignait "à chanter et à célébrer à Moscou le nouveau Thaumaturge Maxime, Fol-en-Christ". La même année, le 13 août, on éleva les reliques incorrompues de saint Maxime. L'église des saints Boris et Gleb, où le saint fut enterré, brûla en 1568. A son emplacement, on bâtit une nouvelle église, qui fut consacrée sous le nom de saint Maxime, Fol-en-Christ. Les vénérables reliques de saint Maxime y furent placées.

Ste Marine de Nagasaki (+1634)

Tertiaire de l'Ordre de St Dominique, elle servait les missionnaires persécutés avec une grande charité et un grand courage. Elle fut arrêtée comme chrétienne, mise dans les fers, exposée en dérision en public pour sa chasteté et enfin brûlée vive sous le chef suprême Tokugawa Yemitsu à Nagasaki au Japon. Attachée à un poteau, elle subit un supplice d'une cruauté raffinée. Elle fut consumée lentement par des braises qui brûlaient à quelque distance autour d'elle. "Elle expira comme un pain cuit au four, brûlée plutôt par l'amour divin que par le feu matériel" a-t-on dit de sa mort.

Soeren Kierkegaard (1813-1855)

gravure, portrait

philosophe et théologien luthérien, il témoigna d'une spiritualité radicalement évangélique. Dans sa jeunesse, Soeren hérita de son père une vive sympathie pour les grands représentants du piétisme allemand; à la mort de son père, il entra en possession d'un legs important qui lui permit de se livrer à la recherche intellectuelle et de publier à compte d'auteur les ouvrages - très nombreux - qu'il écrira au cours de sa brève existence. C'est dans un monde envahi par la pensée hégélienne que Kierkegaard reçut sa formation première, mais il se rebella intérieure- ment contre ses maîtres et se mit en quête d'une vérité autre que celle qu'offrait l'idéalisme: il proposa donc un accès à la vérité par la " voie de la vie ". Pour Kierkegaard, la vérité chré- tienne n'est pas celle qui découle de l'unité rationnelle d'un système de pensée, mais bien plutôt celle qui naît de l'expérience personnelle, la seule pour laquelle il vaut la peine de vivre et de mourir. Pour Kierkegaard la rencontre de Dieu ne se produit que dans l'humiliation de l'intelligence, quand l'homme - une fois vaincue toute illusion de pouvoir connaître la vérité par ses propres forces - se laisse absorber tout entier par le sens des choses éternelles et en témoigne, jour après jour, auprès des autres. Le théologien danois exprima ce surcroît de sens donné à l'expérience religieuse spécialement dans ses ceuvres poétiques et dans de courtes méditations d'une rare densité. Ses écrits eurent une influence extraordinaire sur la pensée éthique et surtout religieuse des XIXe et XXe siècles. Avec sa liberté de parole toute évangélique, il critiqua penseurs et pasteurs illustres de son temps, pour redonner souffle à la foi et à la culture chrétienne en grand danger de s'ensabler dans le dogmatiame desséchant.

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