13 juin

(3 références)

 

 

St Antoine de Padoue (XIIIe siècle)

icône : 15 x 12 cm, (2000)

Né à Lisbonne, ce contemporain de saint François d'Assise s'appelait en réalité Fernando. De famille noble aux traditions militaires, il entra tout jeune chez les Chanoines Réguliers de Saint Augustin à Coïmbra où il fut ordonné prêtre. En 1220, quand les restes des premiers martyrs franciscains furent ramenés du Maroc au Portugal, il entra chez les Frères Mineurs et prit le prénom d'Antoine. Il désirait lui aussi aller au Maroc afin d'y mourir martyr. Tombé malade pendant le voyage, il dut rentrer en Europe. En 1221, il est à Assise au chapitre de l'Ordre et ses frères découvrent alors ses talents de prédicateur et de théologien. Ayant remplacé "au pied levé" un prédicateur empêché, il étonne ses frères qui, désormais, l'envoient prêcher plutôt que de balayer. Avec la permission de saint François, il enseigne à Bologne, Toulouse, Montpellier et Limoges. A Brive-la-Gaillarde, on conserve même le souvenir des grottes où il se retira quelque temps dans la prière solitaire. C'est aussi dans cette ville qu'il retrouva miraculeusement un manuscrit dérobé, y gagnant du même coup sa spécialité posthume pour lui faire retrouver les objets perdus. En 1229, il est élu provincial de l'Italie du Nord. La fin de sa vie est dominée par la prédication où il excelle. Il se trouve à Padoue pour prêcher le Carême en 1231. C'est là qu'il meurt d'épuisement à 36 ans, dans cette ville qui le vénère et qui lui donne son deuxième nom, saint Antoine de Padoue.

Bse Marianna Biernacka (1888-1943)

Elle était née à Lipsk au sein d’une famille chrétienne orthodoxe. À l’âge de 17 ans, en 1915, en même temps que le reste de sa famille, elle devînt catholique de rite latin. Quand elle eut 20 ans, elle épousa Ludwik Biernacki et de leur union naquirent six enfants. Après le décès de son mari, elle alla vivre chez son fils Stanislas, vivant en harmonie avec sa bru, partageant avec eux son expérience et démontrant à chaque instant une grande sagesse chrétienne et un amour fraternel sans faille, ainsi qu’à leurs enfants, ses petits-enfants. Parmi les gens de son village, elle était connue par sa bonté et sa profonde vie religieuse. Quand, le 1er juillet 1943, eut lieu une rafle de représailles organisée par les autorités allemandes, on procéda à de nombreuses arrestations et sa belle-fille était du nombre. Alors Mariana démontra une fois encore son amour et son courage : elle se proposa de remplacer sa belle-fille — qui était alors enceinte — afin de sauver leurs deux vies. Ce fut là une grande preuve d’amour donnée par une dame de 55 ans qui imitait ainsi saint Maximilien Marie Kolbe (1894-1941), prêtre franciscain tué au camp de Auschwitz. L’échange fut accepté et l’innocente victime fut arrêtée et ensuite conduite à Naumowicz, près de Grodno (actuellement en Biélorussie), où elle fut fusillée le 13 juillet 1943.

Martin Buber (1878-1965)

«A force de sonder la vie des choses et la nature de leur relativité, tu arriveras à l'insoluble ; à force de contester la vie des choses et leur relativité, tu arriveras au néant ; en sanctifiant les choses, tu rencontreras le Dieu vivant.»

Petit-fils d'un éminent maître talmudiste auprès duquel il passe sa jeunesse en Galicie, Buber poursuit des études de philosophie et d'histoire de l'art à Vienne et à Berlin. Il subit l'influence des écrits et du mysticisme de Nietzsche et, plus tard, de la pensée de Kierkegaard. Mais c'est l'enseignement des hassidim qui le modèle durablement. Par ses écrits et son engagement personnel, Buber a largement contribué à la reconnaissance du hassidisme comme grand mouvement mystique mondial. Rallié dès 1898 au sionisme, dont il constitue une figure éminente, Buber prône le retour des juifs en Palestine, mais estime nécessaire de forger un nouvel humanisme proprement judaïque, par une profonde et résolue renaissance spirituelle et culturelle. Interprète du hassidisme, traducteur en allemand de la Bible, Buber a élargi son Judaïsme jusqu'à l'universalisme d'une philosophie de la rencontre et du dialogue. Dans son œuvre majeure, le Je et le Tu (1923), il expose ainsi un existentialisme religieux qui vise à la connaissance de l'être humain non par la dissociation et l'étude de chaque élément de la relation «je» et «tu», mais par la relation «je-tu». Dès lors, il s'agit pour l'homme de rechercher Dieu «dans l'intervalle même qui nous sépare les uns des autres». Buber affirme – comme dans la Bible – la nécessité d'une relation directe entre l'homme et Dieu, essence même, selon lui, du Judaïsme biblique, et la soumission à Sa volonté. En 1938, Buber dut fuir le nazisme et s'installa en Palestine, où il enseigna à l'université hébraïque de Jérusalem. Après la création de l'État d'Israël, il fonda et dirigea l'association Ihud (Unité), au sein de laquelle il poursuivit inlassablement ses efforts de rapprochement avec les Arabes. Il écrivit dès lors en hébreu, dans une langue pure, riche et imagée. Les dernières années de sa vie furent consacrées à l'assistance culturelle, sociale et spirituelle des membres des kibboutz et à des travaux d'exégèse de l'Ancien Testament.

jour précédent jour suivant