14 juillet

(5 références)

 

  Ste Ragenulfe (635-650)

Ragenufle est née à Incourt, au début du VIIème siècle (635), dans le hameau de Brombais. Plutôt que d'épouser le jeune Ebroïn choisi par ses parents, elle se consacra à la religion et s'enfuit le jour de son mariage avec une servante. Les deux femmes se cachèrent dans un bois où Ragenufle mourut le 14 juillet 650. Ses parents, pour se faire pardonner, firent élever un sanctuaire sur sa tombe, où plusieurs miracles se produisirent, amenant de nombreux pèlerins. Une procession, créée en 1112, a lieu chaque année. La procession Ste Ragenufle a été relancée en 1992, après une interruption depuis 1968. On raconte également qu'un jour, Ragenufle fit jailllir une source d'un coup de bâton. A l'endroit de cette source miraculeuse, réputée pour la guérison de la fièvre et de l'hydropisie, fut construite une chapelle inaugurée en 1953. En l'an 2000, diverses manifestations ont été organisées à Incourt pour fêter le 1350ème anniversaire de la mort de Sainte Ragenufle : conférence, procession, exposition, office religieux, marche aux flambeaux. En 2001, une potale a été inaugurée sur les lieux où Ragenufle a vu le jour, à Brombais. Sur une plaque de marbre, on peut lire "Je ne demande qu'une chose : trouver le véritable amour de Dieu" (phrase que Ragenufle aurait prononcée) ainsi que les dates "635-650" (source Brabant Wallon)

  St Nersès de Lambron (1152-1198)

L’Église arménienne fait mémoire ces jours-ci de Nersès de Lambron, archevêque de Tarse. Baptisé sous le nom de Smbat, il fut voué par ses parents dès l’enfance à la vie monastique. Confié dès sa seizième année à son grand-oncle Nersès Snorhali, catholicos de l’Église arménienne, Nersès fut ordonné prêtre et s’en alla étudier la tradition monastique sur la montagne Noire. Tout jeune, en 1175, il fut ordonné évêque par le nouveau catholicos Grigor Tlay. Impliqué à plusieurs reprises dans des questions concernant l’union entre l’Église arménienne et celle de Grèce, séparées depuis l’époque du concile de Chalcédoine, Nersès écrivit d’admirables pages pour pousser son Église à s’ouvrir au dialogue et à réformer ses propres coutumes. Nommé archevêque de Tarse en 1180, il demeura fidèle à sa quête monastique tout en continuant à exercer activement et avec grande intelligence le ministère pastoral auquel il avait été appelé. Son ouverture au dialogue et sa passion pour l’unité des Églises, au nom du primat de la charité, lui vaudront des années de calomnies et d’humiliations, mais il ne modifiera jamais ses projets, pas même quand il en viendra à se heurter à la fermeture du clergé grec de Constantinople, insensible à ses appels, malgré l’estime et l’admiration qu’il nourrissait à l’égard de l’Église byzantine. Il est docteur de l’Église arménienne.

  St Camille de Lellis (1550-1614)

icône peinte par Marice Satiola (Australie)

(http://www.iconsbymarice.com.au)

Cet adolescent italien, orphelin et sans fortune, eut une jeunesse dissipée. Il s'engagea dans l'armée espagnole pour combattre les Turcs. Un jour de malchance, il perd au jeu tout ce qu'il possède. On le renvoie de l'amée. Il faut alors tous les métiers pour aboutir comme homme de service dans un couvent de capucins. Et c'est là qu'il se convertit. Comme il ne fait rien à moitié, il y demande son admission. Mais un ulcère incurable à la jambe lui interdit l'état religieux. Camille entre à l'hôpital Saint-Jacques de Rome pour se faire soigner. Il est si frappé par la détresse des autres malades qu'il s'y engage comme infirmier. L'indifférence de ses collègues vis-à-vis des malades le bouleverse. Il entreprend de réformer tout cela. En prenant soin des malades, ce sont les plaies du Christ qu'il soigne. Sa charité rayonnante lui attire de jeunes disciples. Ces volontaires, qui se réunissent pour prier ensemble et rivalisent de tendresse envers les malades, constituent le noyau iniial des Clercs Réguliers des Infirmes que l'on appellera familièrement par la suite les "Camilliens". La mission de ces nouveaux religieux, pères et frères, est "l'exercice des oeuvres spirituelles et corporelles de miséricorde envers les malades, même atteints de la peste, tant dans les hôpitaux et prisons que dans les maisons privées, partout où il faudra." Pour mieux établir son Institut, Camille devint prêtre. Partout où se déclare une peste, il accourt ou envoie ses frères. Il finit par mourir d'épuisement à Rome.

  St Nicodème l'hagiorite (+1809)

Originaire de Naxos dans les Cyclades grecques, il reçut une éducation remarquable. Il apprit le latin, le français. Après quatre années d'études à Smyrne, il revint à Naxos, ayant la volonté de rendre accessible au peuple grec orthodoxe, opprimé par les Turcs, les trésors de la Tradition de l'Eglise. Au Mont-Athos, il prépara l'édition de la "Philocalie" et de nombreux autres ouvrages de spiritualité. Il rédigea "le manuel des bons conseils", qui est un condensé de toute la doctrine spirituelle des Pères, n'ayant aucune documentation que celle de sa mémoire fidèle. Les citations sont nombreuses et les références données exactes. Il travailla à l'édition des oeuvres complètes de St Syméon le Nouveau Théologien et rédigea un livre sur la communion fréquente qui fut condamné par le patriarche Procope. Tout cela était édité en 1800-1804, soit à Leipzig, soit à Vienne. Il eut la douleur de voir détruit tout le manuscrit des oeuvres complètes de St Grégoire Palamas, parce que les Autrichiens pensaient que c'étaient des messages révolutionnaires adressés par Napoléon aux Grecs. Il est difficile de citer ici l'ensemble de tout ce qu'il a pu ainsi éditer, mais grâce à lui bien de ces oeuvres ont été une source inépuisable d'enseignement à la plénitude de la vie en Christ, à une époque où la férule turque opprimait les communautés orthodoxes.

  Cheikh Ahmad al Alawi (1869-1934)

 

"Tout mon être s'est éteint en Ton Être ;
Voilà la rétribution de celui qui T'aime.
Je n'ai pu répondre lorsque Tu as parlé ;
Ma réponse, c'est tout mon être."

Il naquit et mourut en Algérie, à Mostaganem. Instruit par son père, il apprit le Coran et, en âge de s’orienter vers un métier, il choisit celui de savetier. Par la suite il sera aussi commerçant, afin de nourrir sa famille. Mais les occupations profanes ne le détournèrent pas de la foi. Il fut le disciple du Cheikh Al Bouzidi de la confrérie Darquawiyah, qui l’initia à la voie soufie. Après la mort de celui-ci en 1909, les membres de la confrérie désignèrent Ahmad Al Alawi comme leur chef. Mais cinq ans après, il crée sa propre confrérie : la Tarika Al Alaouiah, caractérisée par la pratique de la " Khaliwah " ou retraite spirituelle. La voie du Cheikh Al Alawi conduit le disciple à se réaliser en Dieu, ou au moins à parvenir à la paix intérieure. Quant à la doctrine de l’Unicité de l’Etre, qui tient une place centrale dans le soufisme, elle signifie que seul Allah est absolument réel. La richesse de sa poésie, il a écrit plus de trois mille vers, peut le faire figurer parmi les joyaux classiques de la grande tradition poétique du Soufisme. Mais il n’était pas non plus éloigné de son temps. Il ne faut pas oublier le rôle essentiel qu’il a joué dans son pays même, pour relever la dignité de son peuple et renouveler l’authentique tradition de l’Islam, engoncée dans les coutumes et déformé par les interprétations limitatrices des Réformistes. Ceci ne l’empêcha pas d’ouvrir un dialogue d’une ampleur philosophique et d’une tolérance rare avec la civilisation occidentale. Le Cheikh Al Alawi fut l’un de ces hommes universels qui à chaque époque témoignent avec clarté et avec force, et dans la paix, par leur sagesse et leur enseignement, par leur exemple surtout, de ce " Tawhid " (Unicité), de ce principe transcendant et immanent à la fois qui est la trame sous-jacente et réelle de toutes les traditions révélées.

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