12 juillet

(6 références)

 

  St Jason (1er siècle)

icône contemporaine

Les Actes des Apôtres (Ac 17, 5-9) mentionnent le séjour de St Paul dans la maison de Jason à Thessalonique. St Paul le cite dans la lettre aux Romains (Rm 16, 21). La tradition grecque fait de lui un évêque de Tarse en Cilicie, qui aurait évangélisé l'île de Chypre, où il serait décédé. Le Martyrologe Romain d'avant 1970 l'identifie par erreur avec le Mnason mentionné aussi dans les Actes des Apôtres (Ac 21,16) comme étant "de Chypre, disciple des premiers jours", compagnon de St Paul à Jérusalem et, d'après la tradition, évêque de Tamase à Chypre.

 

  St Jean Gualbert (+1073)

Ce jeune seigneur florentin avait eu la douleur de voir son frère assassiné. Or un jour qu'il se rendait à Florence avec son écuyer, il rencontra, au détour d'une impasse étroite, l'homme qui avait tué son frère. L'honneur familial de cette époque exigeait la vengeance et qu'il abattit le meurtrier. Celui-ci le savait. Il était seul et sans arme et ne pouvait s'enfuir. Croyant sa dernière heure arrivée, il se jetta à bas de cheval et les bras en croix, recommanda son âme à Dieu. Jean en fut ému. Il n'était ni dévot ni de moeurs édifiantes, loin de là. Mais cet homme aux bras en croix qui tremblait et priait évoqua à ses yeux le Sauveur crucifié. Il rengaina son épée et pardonna. Ce fut sa conversion. Il demanda aux bénédictins de San Miniato de le recevoir. Découvrant plus tard que le Père Abbé avait acheté cette charge à prix d'argent pour en tirer bénéfice, il quitta l'Ordre bénédictin et entra chez les ermites de Camaldules. Puis il se remit en route, s'arrêta près de Fiesole dans une vallée boisée "Vallombreuse" où le monastère l'accueilla. Il y établira la réforme de Cluny et y sera l'abbé durant trente années.

  St Olivier Plunket (+1681)

icône contemporaine

Il naquit à l'époque où le gouvernement royal d'Angleterre dépossédait les irlandais de leurs terres pour les donner aux anglais protestants qu'il installait dans l'île catholique. Il avait vingt ans au moment où Cromwell noya dans le sang la révolte de ses compatriotes. Ordonné prêtre en 1654, il fut nommé archevêque d'Armagh quinze ans plus tard. Il s'y montra toujours courageux, entreprenant et d'humeur joyeuse. Quand il fut arrêté, il ne perdit rien de sa bonne humeur et de sa courtoisie. On l'accusait d'avoir préparé le débarquement de vingt mille soldats français en Irlande et d'avoir taxé son clergé pour mettre sur pied une armée de soixante dix mille hommes. Le jury le condamna à "être pendu, vidé et démembré." St Olivier remercia le juge et pardonna aux dénonciateurs qui l'avaient calomnié. "Je suis heureux d'aller auprès du Christ dont je vous ai tant parlé."

  Nathan Söderblom (1866-1931)

Lars Olof Jonathan (son nom de baptême) naquit né à Trönö, dans la campagne suédoise. Il grandit en réunissant dans sa forte personnalité la spiritualité de son père, influencée par le piétisme allemand, et les études de théologie et d’histoire des religions, qu’il fit dans des académies où la théologie libérale était prépondérante. Sa carrière de paisible historien des religions à Uppsala fut subitement interrompue quand, en 1914, à la surprise générale, il fut nommé archevêque luthérien d’Uppsala. Il débuta ainsi un long engagement sur deux versants, étroitement liés l’un à l’autre, auxquels Söderblom vouera toute sa vie : la promotion de la paix dans le monde et la recherche de l’unité entre les Églises chrétiennes. Pour son engagement dans le domaine de la paix, Söderblom reçut en 1930 le prix Nobel, tandis que son dévouement pour promouvoir la rencontre entre les Églises chrétiennes avait mené, en 1925, à la création de la commission « Vie et Action », où pour la première fois, aux côtés des délégués des Églises protestantes, étaient présents des délégués orthodoxes. Après avoir pris part aux premiers travaux de Foi et Constitution en 1927, Söderblom fut le premier à émettre l’hypothèse de la constitution d’un conseil mondial des Églises et à y travailler. C’est à juste titre qu’on le considère comme le père du mouvement oecuménique au XXe siècle.

  Bx Martin Benedict (1931-1986)

Martin Benedict naquit à Galbeni (Roumanie) en 1931, de parents paysans. Il entra au séminaire franciscain conventuel de Halaucesti en 1945, et y étudia pendant trois ans. Lorsque le régime communiste commença à persécuter l’Église catholique, il s'inscrivit à la Faculté de médecine de l’Université de Iasi, où il obtint son diplôme en 1957. Il travailla comme médecin à Raducaneni, Tatareni, Bacau, et enfin à l’hôpital d’Onesti. En 1972, il tomba gravement malade, mais echappa miraculeusement à la mort. Il décida alors de reprendre le chemin de la vie religieuse. Sous la direction du frère Gheorghe Patrascu, alors ministre provincial incognito de Roumanie, Martin termina secrètement sa formation, et fit sa profession solannelle en 1979. Le 14 septembre 1980, il fut ordonné prêtre par l'évêque grec-catholique Alexandru Todea en Moldavie. Frère Martin continua à travailler à l’hôpital, sans que la police secrète ne découvre son nouveau statut. Il installa une petite chapelle dans son appartement, où il célébrait la messe quotidiennement. Les fidèles l’appelaient « le docteur qui prie beaucoup » en raison de ses prières continues. Il ne se souciait pas seulement de la santé physique de ses patients, mais aussi de leur âme, les exhortant à prier, à se confesser et à régulariser leur vie conjugale. Il s’est particulièrement battu contre l’avortement et a défendu la dignité et les droits inaliénables de tous les êtres humains. Lors du pèlerinage qu'il fit à Rome pour la béatification du capucin roumain Jérémie de Valachie, le 30 octobre 1983, il fut reconnu comme prêtre par la Securitate, et commença alors à être persécuté, subissant arrestations, interrogatoires et tentatives de meutre, persécutions qui durèrent jusqu’à sa mort le 12 juillet 1986. Un an plus tard, l’eau du puits à côté de la maison familiale de sa ville natale se mit à sentir et goûter la rose. Galbeni devint rapidement une destination de pèlerinage et ce développement troubla profondément la Securitate. Cependant, toutes les tentatives d’arrêter le flux des fidèles échouèrent. Des rumeurs de miracles et de guérisons inexplicables se répandaient et les gens commencèrent à prier le frère Martin avec une grande dévotion pour lui demander son aide et sa grâce.

  St Païssios l'Ancien (1924-1994) (CJ : 29 juin)

icône contemporaine

Saint Païsios naquit en Cappadoce, peu avant que sa famille ne soit déplacée en Grèce lors de l’échange de population avec la Turquie. Baptisé Arsène, en l’honneur de St Arsène de Cappadoce, il grandit dans une famille profondément pieuse. Dès l’enfance, il jeûnait, priait, et lisait la vie des saints. Après avoir servi comme soldat radio-opérateur pendant la guerre civile grecque, il entendit l’appel du désert. À 23 ans, il écrivit une dernière lettre à sa mère, puis partit à pied pour le Mont Athos. C’est là qu’il deviendra moine, ascète, puis guide spirituel. Mais surtout : un homme qui a choisi de disparaître aux yeux du monde, pour vivre dans le regard de Dieu. Il dort peu, parle peu, mange peu. Mais il console, écoutet et prie toute la nuit pour des inconnus. Il offre ses souffrances physiques pour les autres. Il vit caché, mais pleinement. Il a vécu sans bruit, sans titre, sans confort, et c’est précisément pour cela que des milliers de personnes ont frappé à la porte de sa cabane dans les bois d’Athos. Il accueillait chacun avec humilité. Parfois en silence. Parfois avec une parole tranchante. Toujours avec amour.

jour précédent jour suivant