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Elle appartenait à
la noble famille lyonnaise dOingt. Fille du seigneur Guichard,
elle avait deux frères et trois surs, dont deux,
comme elle, se feront religieuses. Elle entra à la chartreuse
de Poleteins, dans les Dombes, répondant à un appel
divin et non comme il arrivait souvent à lépoque,
pour obéir à la volonté paternelle. En 1288
elle devint prieure de sa communauté, et le restera jusquà
sa mort, advenue le 11 février 1310. Après sa mort
elle fut vénérée comme bienheureuse, mais
son culte fut interrompu à la Révolution, quand
toutes les maisons de moniales chartreuses furent dispersées.
Cette interruption empêcha sa postulation à la béatification
à la fin du XIXe siècle. Marguerite a laissé
quelques écrits spirituels, de notable valeur non seulement
à cause de leur contenu, mais aussi du point de vue littéraire.
Femme cultivée qui écrivait en latin, elle est
le premier auteur lyonnais à avoir utilisé sa langue
maternelle pour rédiger sa propre pensée. Ses uvres
comprennent les Méditations (écrites en latin),
et quelques lettres. Le centre de sa spiritualité est
la personne de Jésus, dans une perspective nuptiale. Avec
une sensibilité exquise et très féminine,
Marguerite appelle le Christ « Mère », car
les souffrances de sa Passion sont comme les douleurs de lenfantement
qui nous obtiennent la vie de la grâce. Le Christ est contemplé
aussi dans sa gloire de ressuscité, comme le miroir lumineux
de la gloire divine. Pétrie dhumilité, elle
sexprime dans un langage nourri de lÉcriture,
ainsi que de la liturgie et de quelques grandes figures spirituelles
de son siècle. |
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