2 avril

(4 références)

 

 St Nizier de Lyon (+573)

Dans sa jeunesse, il fut guéri d'une tumeur au visage par l'intercession de St Martin de Tours. Devenu prêtre, il continua de travailler de ses mains pour n'être à la charge de personne et pouvoir soutenir les pauvres. Son neveu, St Grégoire de Tours écrivit sa biographie nous décrivant comment il servit durant vingt ans l'Eglise de Lyon, avec une charité toute surnaturelle, s'empressant de pardonner à tous. Lui-même savait reconnaître et regretter sa vivacité parfois fâcheuse.

 St François de Paule (1436-1507)

Considéré par ses parents comme l'enfant d'un miracle accompli par le Poverello, saint François d'Assise, il en reçut le prénom. François Martotelli est né dans le villa de Paola en Calabre d'où son nom. Tout jeune, il entre chez les Cordeliers (une branche de la famille franciscaine). Il s'y distingue bien vite par des grâces exceptionnelles, comme de se retrouver en deux endroits en même temps. Après un pèlerinage, il se retire dans une grotte à quelque distance du couvent. D'autres solitaires le rejoignent : ils deviendront en 1460, l'Ordre des Minimes, religieux voués à l'humilité superlative. François continue bonnement ses humbles excentricités : on dit qu'il traversa le détroit de Messine en marchant sur la mer.

 Alexandre Boukharev (1822-1871)

Fils d’un pauvre diacre de campagne, Alexandre Boukharev fit des études brillantes. Puis, sous la pression de son confesseur, le jeune Boukharev prend la décision précipitée de prononcer les vœux monastiques. Remarqué et apprécié par le métropolite Philarète de Moscou, le jeune moine érudit semble promis à une carrière ecclésiastique brillante. Bientôt cependant son indépendance d’esprit et les manifestations de son intérêt pour la culture séculière inquiètent ses supérieurs, aussi est-il exilé à Kazan. Malgré de continuels conflits avec les autorités, par son enseignement et le rayonnement de sa personne, il exerce une influence profonde et durable sur certains esprits. Débordant le cadre académique, elle touche aussi le milieu laïc cultivé. Mais il est trop en avance, et l'Eglise le désavoue. Il est finalement réduit à l'état laïc en 1863, et se marie. La destinée ultérieure du théologien sera tragique. Miné par la maladie, il écrit encore quelques livres mais qui n’atteignent guère le public. Les revues théologiques refusent de publier ses articles. Privé de ressources régulières, interdit de séjour dans la capitale, le couple mène une existence difficile. La mort de leur unique enfant sera le coup fatal dont Boukharev ne se relèvera plus. Une lumière émane pourtant de cet homme brisé, mais animé d’une foi indéfectible et rayonnante. Il meurt, oublié des milieux intellectuels et ecclésiastiques (où l’on tente d’effacer le souvenir du "scandale", mais entouré de l’affection fervente de quelques proches.

 Bx Vilmos (Guillaume) Apor (1892-1945)

Vilmos naquit à Sighisoara en Transylvanie dans la partie hongroise de l'Empire austro-hongrois (actuelle Roumanie) d'une famille noble hongroise, dont il était le huitième enfant sur neuf. Son père mourut en 1898 et il reçut l'éducation de sa mère, et de précepteurs particuliers. Ensuite, il intégra le lycée jésuite de Kalksburg en Autriche, puis de Kalsca en Hongrie. C'est en 1909 qu'il entra au séminaire de Györ. Vilmos poursuivit ses études de théologie à l'Université jésuite d'Innsbruck et fut ordonné prêtre en 1915. Pendant la Guerre, il fut vicaire à Gyula et ensuite chapelain militaire de la Croix-Rouge austro-hongroise. Il fut ensuite préfet au séminaire de Nagyvarad avant de devenir curé de Gyula. L'après-guerre fut une période très difficile, aggravée par l'invasion militaire de Gyula, Vilmos Apor montra alors à la fois son esprit de charité et son caractère ferme, défendant les otages, soutenant les droits de l'Église sous le régime de Miklós Horthy, s'opposant aux idées du National Socialisme, tout en ne négligeant pas le soin des plus démunis. Il était surnommé le "Curé des pauvres". Le cardinal Pacelli, futur pape Pie XII, fit un voyage en Hongrie lors du Congrès Eucharistique de Budapest, en mai 1938, et c'est en 1941 qu'ayant été élu pape, il nomma Vilmos Apor évêque de Györ alors que la Hongrie basculait dans le camp du Troisième Reich. En 1944, la Hongrie fut occupée par le Reich, et les lois raciales promulguées. Monseigneur Apor s'éleva alors vivement contre celles-ci, protestant contre la création d'un ghetto à Györ, faisant parvenir des secours aux déportés, tout en multipliant les sermons et la prédication de l'Évangile. En novembre 1944, les Soviétiques étaient aux portes de la ville qu'ils prirent définitivement, en mars 1945 pendant la Semaine sainte. C'est le 28 mars, mercredi saint, que des soldats soviétiques se présentèrent à l'entrée de l'évêché, où s'était réfugié un grand nombre de femmes des environs. Monseigneur Apor refusa de les livrer aux soldats, craignant pour leur vie et pour leur dignité. Il célébra sa dernière messe le Jeudi Saint, et le lendemain, les soldats revinrent, exigeant qu'on leur livre les femmes, il refusa à nouveau, les soldats lui tirèrent dessus à bout portant avant de s'enfuir. Vilmos Apor fut transporté à l'hôpital où il fut opéré. Il put encore communier le jour de Pâques et mourut le lendemain de suites de ses blessures.

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