13 avril

(4 références)

 

Jeudi Saint

icône russe (Novgorod), XVIe

"Avant la fête de la Pâque, sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans ce monde, les aima jusqu'au bout." (Jn 13, 1).

" A ta mystique et sainte Cène, en ce jour, ô Fils de Dieu, donne-moi de participer. Devant tes ennemis je n'irai pas révéler ton mystère ni te trahie par un baiser, comme le fit Judas, mais comme le larron je m'écrie : Souviens-toi de moi Seigneur, quand tu entreras dans ton Royaume. "

"Pour ta gloire, Seigneur, et le salut du genre humain, tu as fait du Christ ton Prêtre éternel et souverain ; accorde au peuple qui t’appartient au prix de son sang et qui célèbre aujourd’hui son mémorial d’obtenir les richesses de vie venues de sa croix et de sa résurrection. Lui qui règne..."

St Martin 1er (+656)

icône contemporaine

En 649, il est élu pape alors qu'on est en pleine querelle monothélisme. Il s'agit d'une hérésie inventée par un empereur byzantin pour rallier les populations monophysites de son empire : on dira que le Christ possède bien les deux natures divine et humaine, mais qu'une seule volonté, la divine, le guide. Le moine Maxime le Confesseur était allé jusqu'à Rome alerter le Pape sur cette nouvelle hérésie. Saint Maxime et saint Martin font condamner l'hérésie impériale par un concile au Latran. Mais l'empereur byzantin n'apprécie guère d'être ainsi désavoué : il fait accuser Martin d'élection illégale et d'hérésie. Le Pape est arrêté, emmené de force en 653 à Constantinople alors qu'il est malade. Il fut maltraité durant la longue traversée. Arrivé à Constantinople, il fut gardé au secret durant 93 jours et finalement condamné à mort. On le dépouilla publiquement ses vêtements sacerdotaux en les déchirant. Puis, le vieillard reçut une lourde chaîne autour du cou et traîné ainsi dans toute la ville, alors qu'il pouvait à peine marcher. Devant un tel châtiment, le patriarche de Constantinople, bien que partisan de l'empereur, obtint que cette peine soit commuée en exil à Cherson en Crimée. Saint Martin y meurt en 655, brisé par une détention cruelle. Le moine byzantin, saint Maxime, le suivra quelques années plus tard dans la même confession de la foi. Saint Martin est le dernier pape martyr.

Ste Ida (1040-1113)

 

Fille du duc Godefroy IV de Lorraine et une descendante de Charlemagne. À l’âge de 17 ans, elle épouse le comte Eustache II de Boulogne ; ensemble, ils auront trois enfants : Eustache III, Godefroy (dit « de Bouillon ») et Beaudouin Ier. Très pieuse, elle recevait conseils et visites de saint Anselme, archevêque de Cantorbery. Elle échangea avec lui de nombreuses lettres spirituelles que l'on possède encore. Elle était très soucieuse de la beauté de la maison de Dieu et elle fonda de nombreuses abbayes. Au décès de son mari, elle réside dans plusieurs monastères de la Picardie puis devient oblate bénédictine.

Ste Ida de Lorraine est invoquée pour soulager les douleurs aux mains et aux bras.

Bse Marguerite de Castello (1287-1320)

 

Née aveugle, naine et difforme, maltraitée, puis finalement abandonnée par ses parents, elle est recueillie par une généreuse mère de famille qui l’élève comme s’il s’agissait de sa propre enfant. Elle exerce une telle influence sur les enfants de cette famille qu’elle est bientôt remarquée et devient l’objet de sollicitations de la part de communautés religieuses, mais qui ne semblent pas lui convenir. Elle décide finalement de prendre l’habit des tertiaires dominicaines. Là, elle fait la connaissance de la bienheureuse Sybilline, avec qui elle est très liée. Elle garda toute sa vie un cœur confiant dans le nom de Jésus. Elle vécut ainsi 33 ans à Città del Castello.


Bx Rolando Rivi (1931-1945)

Rolando Rivi naît à San Valentino, bourgade rurale de Castellarano (Reggio d'Émilie, Italie), dans une famille profondément catholique. Enfant de chœur dès cinq ans, il assiste à la Messe tous les jours et confie à son curé, à la fin des écoles élémentaires, son désir ferme d’être prêtre. Il rentre alors, au début du mois d’octobre 1942, au petit séminaire épiscopal de Marola (Carpineti), où il revêt la soutane comme c’était alors l’usage dans de telles maisons. En juin 1944, suite à la destitution de Mussolini et aux troubles qui s'en suivent, le séminaire doit fermer ses portes et est occupé par les troupes allemandes. Rolando retourne chez ses parents où il continue avec autant de ferveur que possible à mener la vie d’un petit séminariste. Et en particulier, il porte toujours sa chère soutane, alors que les nombreux partisans communistes de la région voulaient abattre la religion chrétienne et faisaient régner un climat fortement anticlérical. Quatre prêtres de la région avaient déjà été assassinés et le clergé était invité à la prudence face aux multiples menaces. Par la suite, ce ne sont pas moins de 130 ecclésiastiques qui seront exécutés par les « brigades garibaldiennes » dans ce triangle (Modène, Reggio, Bologne) surnommé « triangle de la mort » entre 1943 et 1945. Bien conscients du danger qui devient de plus en plus pressant, les parents de Rolando, comme ses amis, lui conseillent de retirer sa soutane ; la réponse du jeune Rolando est nette : « Je ne fais de mal à personne, je ne vois pas pourquoi j'enlèverais ma soutane qui est le signe de ma consécration à Jésus ». Le matin du 10 avril 1945, Rolando joue de l’orgue à la messe du village, à laquelle il assiste comme d'habitude, avant de prendre la route du retour vers sa maison. Son Père ne le voyant pas rentrer se met à sa recherche et trouve ses affaires sur le sol avec un mot laissé par terre où il était écrit : « Ne le cherchez pas, il vient un moment avec nous, les partisans ». Ses bourreaux commencèrent par le dépouiller de sa soutane ; pendant trois jours, ils le battront à coups de ceinture, lui faisant subir humiliations et sévices, avant de le tuer, finalement, à coups de pistolet dans le bois de Piane de Monchio (Modène) : c’était le vendredi 13 avril à trois heures de l’après-midi. Un des partisans, touché par son jeune âge, tentera de lui sauver la vie, mais le chef du groupe répliquera pour justifier l’assassinat : « demain, cela fera un prêtre de moins ». Avant d’être exécuté, le jeune séminariste demandera à pouvoir prier pour son père et sa mère. C’est quand il se mettra à genoux à côté de la fosse vide, que les partisans avaient creusée pour lui, qu’il sera mis à mort. Sa soutane sera pendue comme trophée sur le fronton d’une maison.

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