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Annick de Souzenelle
naquit en Bretagne. Sa petite enfance fut marquée par
leffondrement dune vie familiale qui la conduite
à perdre, pour un temps, tout repère affectif et
géographique. La réalité extérieure
étant devenue absurde à ses yeux denfant,
elle se tourna très tôt vers « le Père
divin », et le monde intérieur lui devint encore
plus réel que le monde extérieur. Très jeune,
elle se passionna pour les livres sur la Grande Geste du Moyen
Âge, les contes et légendes de tous les pays du
monde. Elève à lInstitut Notre-Dame des Champs
à Paris, sa foi était entretenue au sein de lÉglise
catholique romaine, mais elle pressentait déjà
que derrière le message du Christ et les mythes bibliques
se cachait une signification plus profonde qui nétait
pas délivrée. Après le Baccalauréat,
elle suivit des études de mathématiques à
qui, dit-elle, elle doit sa rigueur intellectuelle, tout en continuant
de chercher des réponses à sa quête spirituelle.
En 1945, à la fin de la guerre, elle décida de
faire des études dinfirmière. Cest
ainsi quaprès sa formation, elle devint infirmière
anesthésiste, métier quelle exerça
pendant quinze ans dont cinq passés au Maroc. Cest
dailleurs au cours de cette période quelle
reprit le chemin de sa quête spirituelle. Confrontée
à la souffrance, elle dit avoir beaucoup appris des malades
et de la psychologie. En 1958, le « hasard » lui
fait rencontrer le Père Eugraph Kovalevski fondateur
de lÉglise Orthodoxe de France qui deviendra
son père spirituel. Elle se reconnut dès lors dans
un christianisme vivant de la tradition orthodoxe. Le «
Monde divin » la reprit par la main. Avec le p. Eugraph,
devenu lévêque Jean en 1964, elle entreprit
des études de théologie et découvrit toute
la grandeur de notre Tradition dans un esprit qui nexclut
pas les autres. Parallèlement, elle suivit pendant deux
ans des cours dhébreu avec Emmanuel Lévyne,
qabbaliste. Deux enseignements, théologie chrétienne
orthodoxe et hébreu, qui vont transformer sa vie et son
regard sur le monde. Elle reçut alors ce que la tradition
chinoise appelle son « Mandat du Ciel » et avec la
psychologie des profondeurs de Carl Gustav Jung, elle entra dans
les profondeurs de la Terre. Elle y ajouta une dimension corporelle
par sa rencontre avec le Dr Vittoz. Elle découvrit alors
au travers de ces différents enseignements lamorce
dune anthropologie " non encore née ",
comme le lui avait dit lévêque Jean mais aussi
celle souhaitée par ce grand philosophe russe chrétien,
Nicolas Berdiaev, ce qui la conduira en 2010 à créer
avec Agnès Desanges, lInstitut dAnthropologie
Spirituelle à Angers. Annick de Souzenelle, par une lecture
renouvelée et vivifiante, nous fit entrer dans nos textes
sacrés et nos mythes fondateurs par la voie intérieure.
Auteure de nombreux livres, elle "muta" dans sa cent
deuxième année. |
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