 |
Olinto Marella naquit
dans un village de pêcheurs, près de Chioggia. Ordonné
prêtre en décembre 1904, il fut directement appelé
à l'enseignement au séminaire de Chioggia. Dans
le même temps, il se préoccupait de l'analphabétisation
d'une grande partie de la population et créa alors la
"Récréation Populaire" et une école
maternelle. Il avait toutefois un style pastoral peu commun pour
l'époque et fut soupçonné de "modernisme",
notamment à cause de sa fréquentation du théologien
Romolo Murri. Ils se connaissaient en effet depuis le séminaire,
et partageaient des idées communes en matière d'aide
aux pauvres et d'engagement social. Don Marella fut alors renvoyé
du diocèse et interdit d'exercer le ministère sacerdotal.
Il accueillit cette sanction sans réclamer justice, par
obéissance à l'Église, quitta son diocèse
non sans souffrances, et pendant seize ans, enseigna la philosophie
dans diverses villes italiennes. Tous ceux qui le côtoyaient
était édifiés par sa pédagogie, ses
uvres en faveur des pauvres et sa fidélité
à l'Église qu'il ne critiqua jamais. Devant une
telle attitude, le cardinal Mario Nasalli Rocca décida,
en 1925, de le réhabiliter et de lui restituer la prêtrise,
et l'accueilla dans son diocèse de Bologne. Dès
qu'il eut repris son ministère sacerdotal, Don Marella
s'occupa de l'accueil des orphelins et de l'éducation
religieuse des enfants. Il s'en allait dans les périphéries
des villes, dans les milieux les plus défavorisés
et en 1934, il fonda le "Pieux Groupe d'Assistance religieuse
dans les Agglomérations des plus pauvres". Il ouvrait
sa porte à tous ceux qui venaient frapper chez lui, accueillait
tous ceux qui était dans la nécessité. Pendant
la Seconde Guerre mondiale, il sauva la vie à un groupe
de juifs, et cacha chez lui une trentaine de militaires destinés
à la déportation. Il sauva aussi un père
de famille qui était déjà devant le peloton
d'exécution, et une religieuse arrêtée par
les nazis. Après la guerre, il créa la "Cité
des Enfants", et pour nourrir les enfants qu'il accueillait,
allait mendier plusieurs heures par jour dans la rue et sur les
places de Bologne. Encore une fois, son style fut parfois considéré
comme excessif par ses confrères. Toutefois, il devint
une figure de la ville de Bologne. Ses uvres croissaient,
et de nombreux volontaires venaient l'aider pour la prise en
charge des orphelins et des enfants pauvres. Un second refuge
fut créé à San Lazzaro di Savena. Vivant
dans une grande austérité, pauvre parmi les pauvres,
il continua son apostolat auprès la jeunesse démunie
jusqu'à sa mort. Don Marella fut aussi recherché
pour ses conseils spirituels. C'est notamment lui qui accompagna
Ste Gianna Beretta Molla dans sa maladie, et eut beaucoup de
liens avec la Bse Maria Bolognesi, qui lui envoyait des enfants
pauvres et venait prendre conseil auprès de lui. Don Marella
mourut le 6 septembre 1969. Des centaines de personnes assistèrent
aux funérailles du "saint". Son uvre continua
à Bologne, avec plus de deux cents volontaires, qui accueillait
drogués, migrants, filles mères et enfants sans
ressources. |
|