30 septembre

(6 références)

 

  St Jérome (345-420)

icône contemporaine

Jérôme était un étudiant romain plein d'allant. Il demanda le baptême à dix-neuf ans et son tempérament entier ne conçut d'autre vie que consacrée à Dieu. Mais où et comment ? A la recherche de sa vocation, il se mit à voyager. Il passa tout d'abord deux années dans le désert de Chalcis en Syrie : un petit stage d'érémitisme ascétique et contemplatif, dans la méditation amoureuse des Ecritures, était la meilleure formation pour le service du Seigneur. Mais Jérôme vaita besoin d'action. Il se rendit alors à Antioche, fameuse pour son école exégétique, y apprit le grec et l'hébreu, et y reçut le sacerdoce. Passant par Constantinople, il découvrit l'exégèse d'Origène et se mit sous la direction de St Grégoire de Nazianze. Mais toujours indécis sur ce qu'il devait devenir, il retourna à Rome. Là, sa grande culture fit de lui le secrétaire du pape Damase. Il eut aussi beaucoup de succès auprès des laïcs : un petit cercle de dames chrétiennes, des admiratrices inconditionnelles dont il devint le père spirituel, se rassembla autour de lui. A la mort de St Damase, il dut quitter Rome où son bouillant caractère lui avait valu beaucoup d'ennemis. Ses "dames" le suivirent jusqu'à Bethléem où il fonda pour elles un petit monastère. Il avait enfin trouvé le lieu de sa vocation. Il se consacra à l'étude de la Bible qu'il traduisit en latin "la Vulgate", sans négliger de se brouiller avec de nombreuses personnalités et de s'immiscer dans toutes les querelles de l'époque. Il passe, dans l'histoire, pour l'un des plus mauvais caractères de la communion des saints. Mais son affectivité exacerbée le rend très proche de nous. On le plaint d'avoir été irascible et vindicatif. On l'admire pour son amour du Christ et de la Parole de Dieu.

  St Grégoire l'Illuminateur (+325)

icône d'élève

Il est le véritable fondateur de l'Eglise arménienne, même si une tradition sérieuse fait remonter les premières communautés chrétiennes à l'époque apostolique. St Grégoire était de la famille royale de Tiridate II. Découvert comme chrétien, il connut d'abord près de quinze ans de cachot, mais à la suite d'une maladie du roi, il revint en grâce auprès du souverain, le convertit et c'est ainsi que l'Arménie fut la première nation à donner la paix à l'Eglise et même à reconnaître le christianisme comme religion d'Etat, soixante-quinze ans avant l'empire romain. Sacré évêque par le métropolite de Cappadoce, il sut instruire les prêtres idolâtres pour les conduire au sacerdoce chrétien. Afin d'assurer la vie de l'Eglise, il consacra évêque son fils Aristakès.

 Stes Rhipsimé et Gaïané (IVème siècle)

icône contemporaine

Elles sont très populaires dans l'Arménie contemporaine et la légende ne supprime pas leur existence historique, même si bien des épisodes se sont ajoutés à leurs vies, en raison du culte dont elles sont l'objet depuis des siècles. On raconte donc que l'empereur romain Dioclétien aurait voulu prendre Ste Rhipsime comme épouse, en raison de sa grande beauté. Elle refusa et s'enfuit en Arménie dans des grottes de l'Ararat. Elle y trouva Ste Gaïané et d'autres vierges qui y menaient la vie monastique. Tiridate, roi d'Arménie, tomba à son tour amoureux de Ste Rhipsimé. Econduit, il lui fit couper la langue, lui fit arracher les yeux et brûler avec des torches. Enfin son corps fut découpé. Comme Ste Gaïané voulait récuperer son corps, elle fut reconnue comme chrétienne avec quelques compagnes et eut la tête tranchée. Quand il devint chrétien, le roi Tiridate fit construire trois églises en leur honneur.
Tout n'est pas de l'invention dans cette merveilleuse légende qui fait de Ste Rhipsimé et de ses compagnes, des saintes nationales de l'Arménie chrétienne. Leurs reliques sont vénérées près de Vacharchabad, Etchmiadzin, où se trouve le patriarcat de l'Eglise apostolique arménienne.

 St Ismidon (+1120)

Il ne reste que quelques souvenirs de son long épiscopat, mais l'imagination des biographes remplaça facilement les documents perdus à travers les siècles. "Fidèle à ses devoirs, sage dans ses jugements, discret dans ses conseils, prompt à secourir, tel nous apparaît saint Ismidon", disent de lui les "actes" de sa vie. "Fils du seigneur de Sassenage, près de Grenoble, Ismidon fit une partie de ses études à l'ombre de la cathédrale de Valence et devint ensuite chanoine de Lyon. Élu évêque de Die vers 1097, il y meurt un 30 septembre, probablement, en 1115. Très lié avec Hugues, archevêque de Lyon et légat du pape, autrefois évêque de Die, il le représente en différentes occasions et l'accompagne en Terre Sainte.
Ismidon a laissé le souvenir d'un pacificateur adroit et désintéressé."

 Bse Félicia Meda (1378-1446)

Lorsque la duchesse de Pesaro voulut fonder un nouveau couvent de Clarisses dans sa ville, elle se tourna vers St Bernardin de Sienne, alors vicaire général des Franciscains observants. Elle voulait que le nouveau couvent soit confié à Felicia Meda, une Milanaise. La renommée de cette religieuse était donc connue même loin de sa ville natale. Felicia quitta alors Milan avec sept soeurs, même si cela lui coûtait de s’éloigner de la ville où elle avait toujours vécu. Née plus de soixante ans plus tôt, elle avait été orpheline très jeune. À l’âge de douze ans, elle avait déjà fait vœu de chasteté, mais ce n’est qu’à l’âge de vingt ans, après s'être occupée de son frère et de sa sœur, qu’elle entra chez les Clarisses du couvent de Sainte-Ursule. Elle laissait tous ses biens à sa sœur, à son frère et aux pauvres. Son exemple fut si contagieux que bientôt sa sœur la suivit aussi chez les Clarisses, tandis que son frère devint un frère franciscain. Après vingt-cinq ans de vie religieuse, elle devint supérieure de son couvent. Elle en partit pour aller à Pesaro, dans l’obéissance. Quand elle arriva avec ses sept sœurs, la duchesse alla à sa rencontre dans son carrosse. Mais Felicia refusa de monter et préféra entrer à pied dans Pesaro, se rendant au nouveau monastère au milieu de l’admiration de la foule. La même ovation populaire fut répétée quatre ans plus tard, à sa mort, acclamée sainte par le peuple.

  Ste Alexandra Khvorostyannikova (1886-1943) (CJ : 17 septembre)

icône contemporaine

Alexandra naquit dans une famille de paysans pieux dans le village de Syanovo (région de Moscou). Son père, Semyon Khvorostyannikov, servait à l’église. En 1896, une communauté féminine fut créée dans le district de Medyn, et Alexandra y entra comme novice en 1915. Elle y vécut jusqu'à sa fermeture par les autorités bolchéviques en 1918. Elle retourna alors vivre chez elle, et en 1925, trouva un emploi dans une usine textile. En 1937, le gouvernement ordonna l’arrestation de tous les moines et moniales. Alexandra fut arrêtée le 21 février 1938 et emprisonnée à la prison Serpoukhov. Face aux interrogatoires de la troïka du NKVD, elle refusa de renier sa foi chrétienne et critiqua ouvertement la politique antireligieuse de l'État soviétique. Elle fut alors condamnée à dix ans de travaux forcés dans un goulag. Elle mourut en détention le 30 septembre 1943 des suites des conditions extrêmes du camp de travail, et fut enterrée dans une tombe anonyme. Elle a été canonisée parmi les Nouveaux Martyrs et Confesseurs de Russie pour sa fidélité inébranlable au Christ face aux persécutions du XXe siècle.

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