31 octobre

(8 références)

 

St Quentin (IIIème siècle)

martyre de St Quentin, enluminure, XIIe

Il était romain, cinquième enfant, si l'on en croit son nom, ce qui était rare dans le Bas-Empire. Il parti pour la Gaule avec St Lucien de Beauvais et plusieurs compagnons pour évangéliser cette région du Beauvaisis et de la Picardie. Selon les « Actes » de sa vie, son succès provoqua la colère du préfet romain Rictiovare qui l'arrêta à Soissons, lui fit subir interrogatoires et supplices, le fit enfin décapiter, le 31 octobre. Sur le lieu de son martyre, s'éleva une ville qui prendra son nom : Saint-Quentin.

 

 

St Wolfgang (+994)

icône contemporaine

Moine d'Einsiedeln, puis évêque de Ratisbonne (Regensburg) en Bavière. Il naquit dans le canton des Grisons et, dès l'âge de sept ans, il donna les signes précoces de son intelligence. Il fut élève au monastère de Reichenau, puis à l'école ecclésiastique de Wurtzbourg. Appelé auprès de l'évêque de Trèves, il refusa tous les honneurs et devint un excellent éducateur auprès de la jeunesse. De retour en Suisse à l'abbaye de Saint Meinrad, il renonça à ses biens familiaux et s'engagea dans l'Ordre de Saint Benoît. Et c'est de là qu'il fut élu évêque de Regensburg où son influence dépassa vite les limites de son diocèse au point de devenir en même temps conseiller de l'empereur et des évêques voisins.

 

St Rueiss (env. 1334-1404)

icône copte contemporaine

L’Église copte fait aujourd’hui mémoire de Rueiss, vagabond de Dieu et fol en Christ. Il naquit vers 1334 dans un village du delta du Nil d’une famille de pauvres paysans. Dès l’enfance, le jeune Furayg dût aider ses parents dans les durs travaux des champs ; il y employait un petit chameau qu’il appelait Rueiss, « petite tête ». Quand se déclenchèrent de féroces persécutions contre les chrétiens, le père de Furayg renia sa foi. L’enfant s’enfuit, prenant le surnom qu’il avait donné à son chameau et vécut en vagabond, à travers toute l’Egypte, dans la pauvreté la plus grande. Pour échapper à l’estime que sa sainteté lui attirait partout, Rueiss simula la folie, se fit appeler Tegi, « le fou », et se mit à errer nu, refusant de parler, même quand il était pourchassé et humilié. Homme de profonde prière, « contemplatif de Dieu », Rueiss mourut le 21 babah 1404, le 18 octobre du calendrier julien ; il fut enseveli dans la petite église de saint Mercure, au lieu-dit Dayr al-Handaq. Cette église fut restaurée en 1937, et alentour se sont élevés l’Institut supérieur d’études coptes, le nouveau siège du Patriarcat copte et la nouvelle cathédrale du Caire. En mémoire du fol en Christ bien-aimé, on a donné à ce lieu le nom de « Anba Rueiss ».

  Martin Luther (1483-1546)

portrait par Lucas Cranach

Martin Luther naquit en 1483 à Eisleben, en Saxe; il fit ses études à l'école cathédrale de Magdebourg et à l'université d'Erfurt. Entré chez les Augustins, il reçut l'ordination presbytérale en 1507, et devint lecteur à l'université de Wittenberg. Élu supérieur provincial de son ordre, Luther eut la charge de veiller sur une douzaine de communautés augustiniennes et, dans ce rôle, il se trouva toujours plus mal à l'aise face aux déviances par rapport à l'Évangile qui se manifestaient un peu partout dans l'Église de son temps. Écoeuré en particulier par le déplorable trafic des indulgences, il entreprit graduellement d'annoncer la doctrine qui à son avis est au coeur de la foi chrétienne : la justification du croyant par la foi et non par les oeuvres. S'appuyant sur la théologie des lettres de St Paul et sur la pensée de St Augustin, en 1517, Luther contesta publiquement maintes déviances répandues dans la pratique ecclésiale de son époque, en affichant une liste de quatre-vingt-quinze thèses à la porte de l'église de Wittenberg. Dans le sillage d'autres réformateurs qui, au cours des siècles précédents, avaient lutté pour sauver le cceur de l'Évangile, payant parfois de leur vie leur obstination, Luther donnait de fait son point de départ à la Réforme protestante. Certes, il n'imaginait pas, ce 31 octobre 1517, qu'en peu d'années il allait donner vie à des communautés ecclésiales séparées de l'Église de Rome. Les aléas de l'histoire firent en sorte qu'en peu de temps on en vint à une rupture irrémédiable entre catholiques et protestants, rupture qui se précisa progressivement sur divers présupposés fondamentaux de la foi. Cette rupture ne commencerait à se réparer qu'au xxe siècle.
La Réforme se répandit rapidement dans une grande partie de l'Europe. Martin Luther mourut en 1546, non sans avoir profondément influencé le renouveau de l'Église, protestante aussi bien que catholique, en sauvegardant, à un moment crucial de l'histoire, le primat de la foi et de la Parole contenue dans les Saintes Écritures sur tout autre enseignement qui ne serait que le fruit de la quête religieuse de l'homme.

St Alphonse Rodriguez (1533-1617)

 

Fils de commerçant en laines et tissus, il se trouve à 13 ans avec son frère aîné à Alcala pour y étudier. La mort inopinée de son père le force à les interrompre. En 1558 il se marie avec Maria Juarez dont il a trois enfants. Mais en trois ans il perd femme et enfants. De plus les affaires familiales périclitent : il doit fermer son commerce. À travers ces tristes événements, il croît dans une profonde union à Dieu. Des mois de solitude, faite de pénitences et prières, le portent au désir de se faire religieux jésuite. Sa première demande d’admission est refusée : il est trop âgé (35 ans), de santé fragile et n’a pas fait les études requises pour accéder à la prêtrise. Deux ans plus tard il demande à nouveau son admission dans la Compagnie. S’il ne peut être prêtre il accepterait avec plaisir d’y être frère, dit-il. Malgré l’avis négatif de ses conseillers, le provincial Antonio Cordeses le reçoit avec ses mots: « Qu’il entre, nous le recevrons comme saint!» Alphonse commence son noviciat en 1571 à Valence. Après six mois, ses supérieurs l'envoyèrent sur l'île Majorque, au collège de la Ste Vierge du mont Sion où il prononça ses vœux simples et solennels le même jour. Pendant trente ans, St Alphonse se sanctifiera dans le modeste emploi de portier, accueillant toutes les personnes qui se présentaient avec le même empressement que si c'eût été Notre-Seigneur. C’est dans cet humble office de portier qu’il rayonne de sagesse, d’attention aux autres et esprit de service. Sa vie spirituelle, d’évidente union à Dieu, étonne et attire les visiteurs. Cette activité lui permet d’encourager les étudiants, de consoler ceux qui sont dans la peine, de conseiller les inquiets et les tourmentés et d’aider les nécessiteux. À sa prière incessante, il joignait une mortification extraordinaire. « En toutes choses, témoigna son supérieur, Alphonse cherchait ce qui répugnait le plus à la nature. » Ainsi, il ne voulait porter que des vêtements usés. Un crucifix et une image de la Très Sainte Vierge sans nulle valeur artistique ornait la cellule de ce pauvre de Jésus-Christ. Il couchait sur la dure et jeûnait souvent. Son obéissance était aussi aveugle que parfaite, car il était convaincu qu'en accomplissant les ordres de son supérieur, il exécutait ceux du Ciel même. Pour savoir jusqu'où sa sublime dépendance pouvait aller, le recteur lui commanda un jour de s'embarquer. Saint Alphonse partit aussitôt sans poser de question. Chemin faisant, un religieux vint lui dire que le supérieur le redemandait. « Où alliez-vous, lui demanda le recteur, puisque vous ignoriez le but du voyage et quel vaisseau vous deviez prendre? - J'allais faire l'obéissance, répondit le saint portier. » Après quinze ans d’un service sans relâche - Rodriguez a 61 ans - on lui donne un adjoint : il est ainsi dispensé des longues heures de présence à la porterie. Mais son apostolat spirituel et pastoral continue. Personne de ceux qui passaient le seuil du collège - des étudiants les plus frivoles aux compagnons jésuites les plus austères - , n’était sans subir, ne fusse qu’indirectement, l’influence spirituelle de Rodriguez. À partir de 1615, frêle et perclus, il est pratiquement confiné à son lit, se levant uniquement pour assister à la messe. Alphonse Rodriguez meurt deux ans plus tard, le 31 octobre 1617.

St Nicolas de Chios (+1754)

icône contemporaine

Originaire de l'ïle de Chios, il partit travailler comme maçon en Turquie. C'était sans doute un bon maçon, mais aussi un ivrogne invétéré si bien qu'un matin où il n'avait pas repris tous ses esprits, ses compagnons de travail, qui étaient musulmans, le conduisirent devant le mufti qui reçut avec joie son apostasie. Il en eut du remord, mais il le noya davantage encore dans le vin. Il revint en son pays natal, l'île de Chios dans la mer Egée, et comme il voulait aller à la Divine Liturgie, les fidèles orthodoxes l'en empêchèrent le croyant vraiment musulman. Il rencontra un prêtre qui le guérit de son ivrognerie et refit de lui un bon chrétien orthodoxe. Les turcs l'apprirent, le trainèrent au tribunal et devant son refus d'apostasier à nouveau, il fut décapité.

  St Jean Kochurev (+1917)

icône contemporaine

Envoyé jeune prêtre comme missionnaire en Amérique du Nord, il entreprit la construction de la cathédrale russe de Chicago. Revenu en Russie quelque temps avant la Révolution d'Octobre, il fut massacré en pleine rue, à Tsarskoïe Selo, par une groupe de marins bolcheviks six jours après le coup d'Etat. Il devint ainsi le premier martyr de la Révolution au sein du clergé russe. Il fut canonisé par le Patriarcat de Moscou en 1994, à la demande de l'Eglise orthodoxe d'Amérique.

 

 Louis Massignon (1883-1962)

Louis Massignon est né à Nogent-sur-Marne, en 1883. Au cours de ses années de lycée, il s'est pris de passion pour les cultures orientales et les grandes religions monothéistes. Une fois obtenu son diplôme d'arabe, il séjourna au Maroc où il apprit à connaître la foi et l'hospitalité musulmane. Comme pour Charles de Foucauld dont il fut l'ami et aussi un peu le disciple, la rencontre de l'islam et de la culture arabe fut pour Massignon aussi l'occasion de redécouvrir sa foi chrétienne. À partir de ce moment, l'orientaliste français fut sans cesse habité par un feu intérieur qui le guidera tout au long de sa vie. Professeur confirmé d'islamologie, il fit connaître dans le monde entier les richesses de la mystique musulmane, surtout par l'étude de al-Hallag, dont il fut le meilleur interprète. À Paris ses cours attiraient des foules d'auditeurs, fascinés par la capacité de sympathie pour la pensée de l'autre que Massignon ne cessait de manifester. Convaincu de la grande incompréhension qui régnait autour des populations d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, il s'employa personnellement à promouvoir une connaissance plus profonde de leurs motivations en Occident; et à l'instar de la non-violence de Gandhi, il s'engagea à résoudre les graves crises qui existaient dans les territoires colonisés. Par la finesse de sa charité, sa délicatesse et sa bouleversante humilité, Massignon sut allier jusqu'au bout à un profond esprit scientifique une compassion sans limites. Louis Massignon est inscrit dans le souvenir du monde musulman qui lui garde profonde estime et reconnaissance.

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