20 mai

(5 références)

 

St Thallelée (IIIème siècle)

icône contemporaine

Son père était, dit-on, évêque en Phénicie. Il apprit l'art médical et soignait les malades pauvres gratuitement, transformant même sa maison en hôpital quand il le fallait, ne faisant aucune différence entre les païens et les chrétiens. A la suite d'une dénonciation, il fut arrêté. Le juge le condamna d'abord à être pendu la tête en bas, attaché par des crochets dans ses chevilles percées. Devant sa résistance le juge ordonna d'autres tortures. Le saint fut cloué sur une planche, par les bras, les jambes et d'autres parties du corps, puis on lui versa du goudron brûlant. Il fut enfin décapité.

 

Sts Zebulon et Suzanna (IVème siècle)

icône géorgienne contemporaine

Ce sont les parents de Ste Nino. Zabulon, issu d'une famille célèbre et pieuse, était apprécié de l'empereur Maximien qu'il servait dans l'armée. Il prit part à la libération de chrétiens prisonniers en Gaule. Puis, il partit à Jérusalem où il distribua tous ses biens et se consacra au service de Dieu en vivant en ascète sur le bord du Jourdain et Suzanne devint diaconesse du Saint-Sépulcre.
Suzanne aurait été soeur du patriarche de Jérusalem

 

St Bernardin de Sienne (1380-1444)

Il naît dans une famille noble près de Sienne en Italie. Orphelin, il est élevé par son oncle. Très doué il fait de savantes études. Très pieux, il appartient à une confrérie de prière. Sa charité trouve à s'exprimer pleinement au cours de l'épidémie de peste qui ravage la ville en 1400. Il a 20 ans et tel est son dévouement qu'on lui confie la direction provisoire de l'hôpital. Deux ans plus tard, il entre chez les franciscains, y devient prêtre et son prieur lui donne la charge de la prédication. Ce sera désormais sa vocation principale. Saint Bernardin parcourt toute l'Italie, prêchant sur les places publiques car les églises sont trop petites. Parfois ce sont des milliers de personnes qui s'écrasent pour l'entendre et qui l'entendent, parfaitement malgré l'épaisseur de la foule, tant sa voix est forte. Il parle d'une manière concrète, directe, alerte, insistant sur la vie chrétienne et sur la primauté absolue du Christ. Vie mystique, vie morale et vie sociale sont, chez lui, inséparables. Il aura également un rôle important dans la transformation de l'ordre franciscain connue soue le nom de "réforme de l'observance".

Jean Danielou (1905-1974)

 

« Jésus, j’ai compris que vous ne vouliez pas que je distingue mes péchés des autres péchés du monde, mais que j’entre plus profondément dans votre cœur et que je me considère comme responsable des péchés de ceux que vous voudrez : d’Alain, de tout homme qui vous plaira. Vous me faites sentir, Jésus, qu’il faut descendre plus bas encore, prendre sur moi les péchés des autres, accepter par suite tous les châtiments qu’ils m’attireront de votre justice et en particulier le mépris de ceux pour lesquels je m’offrirai. Accepter, désirer même, d’être déshonoré, même aux yeux de ceux que j’aime. Accepter les grandes abjections, dont je ne suis pas digne, pour être prêt du moins à accepter les petites. Alors, Jésus, ma charité ressemblera un peu à celle dont vous m’avez aimé ».

Jean Daniélou est l'un des plus grands théologiens du XXe siècle. Fils de Charles Daniélou, homme politique, plusieurs fois ministre, plutôt anticlérical, et de Madeleine Clamorgan, fondatrice de la communauté apostolique Saint-François-Xavier, des institutions Sainte-Marie et d'une Université libre de jeunes filles. Il a pour frère cadet l'indianiste Alain Daniélou (1907-1994). Entré chez les Jésuites en 1929, il se consacre à l'enseignement, en poursuivant des études de théologie à la Faculté catholique de Lyon, alors l'une des plus réputées au monde. Il est ordonné prêtre en même temps que l'abbé Pierre en 1938. Personnage hors normes, il fut un ardent partisan du dialogue interreligieux, et l’auteur de nombreux ouvrages (Pourquoi l’Eglise, Carnets spirituels…). L’esprit de son œuvre pourrait se résumer à cette audace : remplacer la scolastique par la patristique. Daniélou a été, avec son confrère jésuite Henri de Lubac, le génial initiateur, en 1942, de cette collection de textes patristiques appelée "Sources Chrétiennes" qui a marqué la renaissance de la théologie dans la seconde moitié du XXe siècle et qui a préparé ce qu’il y a de meilleur dans le concile Vatican II. En 1969, il est nommé « évêque titulaire » de Taormina, puis créé cardinal par le pape Paul VI. En 1972, il est élu à l'Académie française. Mais sa parole libre lui avait valu d'être mis à l'écart de la Compagnie, et sa mort singulière l'a fait mettre encore d'avantage de côté, et injustement oublier. Sa mort subite suscita en effet beaucoup de commentaires, puisqu'il mourut d'un infarctus chez une prostituée parisienne. Celle-ci le vit tomber à genoux, le visage contre terre, et expirer. Et, d’après elle, "c’était une belle mort, pour un cardinal". Il était venu lui apporter de l’argent pour qu’elle puisse payer un avocat capable de faire sortir son mari de prison. Ce fut la dernière de ces actions charitables qu’il accomplissait en secret, pour des gens méprisés et qui avaient besoin d'aide et de pardon. Mais elle lui a valu aussi beaucoup de médisance.

« Vivre de la foi, dont ce que je sais de plus clair est qu’elle est incompréhensible. Être d’humeur franciscaine, mortifiée et joyeuse, espiègle et mystique, totalement pauvre. Voir la manière humoristique dont le curé d’Ars se traitait pour échapper à toute vanité. Prendre par le comique tout le côté vanité de ma vie ».

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