9 juin

(8 références)

 

 

St Colomba (VIème siècle)

icône contemporaine

Issu d'une une famille royale, Columcill (son nom en irlandais) naquit en 521 à Gartan, dans le Donegal. Devenu moine très jeune, il fut formé par de grands abbés, les Sts Enda d’Aran, Finnian de Moville et Finnian de Clonard. Mais devant s'exiler en Ecosse, il arriva sur l'île d'Iona où il fonda un monastère qui eut une très grande influence sur la vie spirituelle et culturelle de l’Écosse pendant plusieurs siècles. Et c’est une fois sur sa terre d’accueil que ses charismes se sont déployés : prophétisant, guérissant les malades, exorcisant les démons, faisant sortir de l’eau de la roche, apaisant des flots agités par la tempête, engendrant des pêches miraculeuses et même changeant de l’eau en vin alors qu’il en manquait pour la messe. Tout cela engendra de nombreuses conversions et il est sans conteste le plus grand évangélisateur de l’histoire de l’Écosse. Il mourut à Iona en 597 et l’autorité dont il jouissait passa à ses successeurs, qui étaient également en grande partie de sang royal et, comme lui, non soumis à la dépendance de l’évêque local.

On raconte, qu'alors qu’un de ses compagnons traversait la rivière Ness à la nage, un monstre terrifiant se dirigea sur lui, prêt à l’engloutir. St Colomba aurait alors invoqué le nom du Seigneur et demandé à la créature de faire demi-tour et de rester dans le lac d’où provenait la rivière, le fameux loch Ness. C’est de là qu'est née cette légende qui perdure jusqu’à nos jours.

St Théraponte du Lac Blanc (1337-1426) (CJ : 27 mai)

icône contemporaine

Fiodor Poskochin naquit dans une famille noble de Volokolamsk. À l’âge adulte, il décida de devenir moine et se rendit au monastère Simonov à Moscou où il fit la connaissance de Cyrille, le futur St Cyrille du Lac Blanc. Entre 1390 et 1397, Cyrille et Thérapont quittèrent le monastère et se rendirent vers le nord jusqu’au lac Siverskoïe, où ils séjournèrent à l’endroit qui devint finalement le monastère Kirillo-Belozersky. Ils vécurent ensemble pendant un an, puis Theraponte partit et s’installa dans un lieu situé à environ une douzaine de kilomètres au nord-est, aujourd’hui connu sous le nom de Ferapontovo, où il fonda un nouveau monastère en 1398. Il y vécut une dizaine d'année, refusant toutefois d'en être l'hégoumène. Le monastère était situé dans la principauté de Beloozero, administrée conjointement avec la principauté de Mozhaysk. Le prince André de Mozhaïsk était le frère de Vassily, grand-prince de Moscou, et fut un des principaux parrains du monastère. En 1408, il envoya une lettre à Theraponte l’exhortant à venir à Mozhaysk, et Theraponte fut obligé d’obéir. Il ne put jamais en repartir et fonda sur place le monastère de Luzhetsky où il rendit son âme à Dieu.

St Joseph de Anchieta (1534-1597)

Joseph de Anchieta naquit dans le village de San Cristobal de la Laguna (Ténérife, Canaries). Il entra dans la Compagnie de Jésus dans la Province du Portugal en 1551. Deux ans plus tard, il fut envoyé au Brésil. Dans son amour pour le Christ, il s'y consacra tout entier à promouvoir, à la lumière de l'Évangile, le bien des indigènes, tant au plan humain qu'au plan chrétien. Au prix d'une activité apostolique multiple et infatigable, il poursuivit cette oeuvre jusqu'à sa mort. Ordonné prêtre en 1566 et choisi comme Supérieur des communautés de Saint-Vincent et de Saint-Paul, il fut nommé dix ans après, Provincial de toute la mission du Brésil, charge dans laquelle il se montra pendant dix ans un Supérieur plein de sagesse et un guide remarquable. Joseph de Anchieta fut le premier à composer une grammaire de la langue des indigènes qu'il évangélisait, et fut aussi le premier à composer un catéchisme dans cette même langue. Comme le demandait sa tâche de missionnaire et d'apôtre, il rechercha tous les moyens possibles pour soulager la situation des indigènes, et il fit tout pour élever leur niveau de vie, aussi bien au plan humain qu'au plan social et moral. Ceci fut bientôt connu à travers tout le Brésil, aussi reçut il le nom d' "l'Apôtre du Brésil".

Jeanne Guyon (1648-1717)

"Le vrai abandonné ne veut rien savoir, rien connaître, il ne veut pas même être assuré ni de sa voie ni de son salut, il s'abandonne sans vue ni raison, faisant sa voie de n'avoir point de voie."

Elle naquît le 13 avril 1648 à Montargis dans une famille de riches bourgeois. Mariée à seize ans, mère de trois enfants, elle devint veuve fortunée à vingt huit ans. Mme Guyon est connue pour son enseignement sur l'union spirituelle vécue sous la forme de prière silencieuse et transmise de coeur à coeur. Elle disait être guidée par la Grâce. Mais son indépendance dérange. Elle fut accusée de quiétisme, et fut emprisonnée pendant huit mois en 1688, puis à nouveau en 1695 pour huit ans, sans raison précise. Finalement lavée de tout soupçon, elle sortit de la Bastille à cinquante cinq ans, en 1703, sur un brancard. Il lui restait un peu plus de treize années à vivre. Elle les consacra à former des disciples catholiques et protestants, les ouvrant à la vie intérieure dans une discrétion totale. elle mourut paisiblement le 9 juin 1717.

"Les parfaits mystiques, s'accordent très bien entre eux. Étant dans la lumière de Vérité, ils y voient les mêmes choses, ils assurent tous et affirment la bonté de la voie de la Foi et du pur Amour. Il n'y a point de contestations dans leurs pensées ni dans leurs sentiments (quoique leurs expressions soient diverses), parce qu'il n'y en a point dans leurs expériences. Dans tous les temps, dans tous les siècles, dans tous les pays, les mystiques parfaits ont écrit les mêmes choses, et c'est une grande consolation de voir que l'Esprit de Dieu est simple et un dans sa multiplicité."

  St Jean le russe (+1730) (CJ : 27 mai)

icône contemporaine

Il naquit dans un village de Biélorussie. Officier dans l'armée du tsar, il fut fait prisonnier durant la guerre russo-turque de 1672. Capturé par les Tatares, il fut vendu à un Turc, officier de cavalerie, qui l'emmena avec lui en Cappadoce. Ce dernier voulut d'abord le faire abjurer, mais St Jean résista, acceptant les coups de bâtons. Son humilité et son courage touchèrent l'officier qui cessa de le tyranniser, l'installa dans l'écurie où il dormait sur la paille au milieu des chevaux. Lorsque son maître sortait, il devait le suivre pieds nus et en guenille, été comme hiver. A la veille de sa mort, un prêtre lui fit parvenir la sainte Communion cachée dans une pomme. St Jean reçut ce viatique et s'endormit dans la paix du Seigneur.

Ste Anne-Marie Taïgi (1769-1837)

Née à Sienne d'un père ruiné qui s'installa à Rome, elle fut contrainte de se louer comme domestique, et épousa Dominique Taïgi, domestique au palais Chigi. C'était un brave homme mais bourru et très coléreux. Anne-Marie garda une patience inaltérable avec lui comme avec ses parents, aigris et grincheux, qu'elle soignait. Elle ne faisait rien sans la permission de son époux qui de son côté, accepta aussi l'aventure spirituelle de son épouse et ne s'opposa pas à la grâce de Dieu. Anne-Marie et lui mettront au monde sept enfants mais auront le chagrin d'en perdre trois en bas âge. Mère attentive à l'éducation de ses enfants, femme d'intérieur dont le logement modeste était toujours propre, elle faisait la cuisine, cousait les vêtements de toute la maisonnée, tenaient les comptes. Rien ne distinguait sa vie de celle des mères de famille qui l'entouraient, sinon une certaine humeur enjouée et toujours sereine : " Elle parlait de Dieu, dira son époux, sans devenir ennuyeuse comme le sont beaucoup de dévotes." Et pourtant sa vie était un torrent de grâces mystiques : extases, visions, prescience. Dieu faisait irruption qu'elle soit dans sa cuisine ou en pleine lessive. Avec familiarité, elle lui demandait alors : " Laissez-moi, Seigneur, je suis mère de famille." Et cela débordait vers l'extérieur : guérisons, prophéties, lecture dans les coeurs, et on venait de loin la consulter.

St Abraham d'El-Fayoum (1829-1914)

icône copte contemporaine

Le 10 juin 1914, après trente-trois années de ministère épiscopal et près de soixante-dix ans de vie monastique, s’étegnit Abraham, évêque de al-Fayyoum. Natif de la province copte de al-Minya et baptisé sous le nom de Joseph, il était entré à dix-huit ans au monastère de la Vierge de al-Muharraq, près de Asyut. S’étant surtout distingué par son extraordinaire engagement en faveur des pauvres, qui sera le fil rouge évangélique de toute sa vie, Joseph devint à trente-sept ans abbé du monastère. À partir de ce moment, des moines en grand nombre se firent ses disciples, et la communauté connut un essor extraordinaire. Mais avec le nombre des disciples, les tensions internes d’al-Muharraq prirent de l’importance, et Joseph fut contraint d’abandonner le monastère, car on l’accusait de dissiper les biens de la maison en faveur des pauvres. Avec quatre compagnons, il fut accueilli dans le monastère de al-Baramus, dans le Wadi-al-Natrun. L’abbé du lieu, devenu patriarche, qui avait remarqué la grande valeur spirituelle de Joseph et de ses frères, les ordonna tous les cinq évêques. Joseph devint ainsi, en 1881, l’évêque Abraham de al-Fayyoum. En tant que pasteur, il se sentit appelé avant tout à servir les pauvres, sans discrimination entre chrétiens et non-chrétiens. À ce service, il joignit un chemin de dépouillement personnel : il ne voulut jamais s’asseoir à une table autre que celle des petits et des exclus, et refusa tous les signes de distinction extérieurs et mondains qui revenaient pourtant par tradition dans presque toutes les Églises à celui qui était revêtu de la dignité épiscopale. A sa mort, une foule immense de chrétiens et de musulmans accourut pour lui rendre le dernier hommage.

Yvan Amar (1950-1999)

Il est un philosophe novateur et est considéré comme un des sages qui ont éclairé la fin du XXéme siècle. Né d'un père juif et d'une mère chrétienne, il s'est toujours situé aux confluents de diverses cultures. Fondateur des éditions du Relié, il est aussi celui qui a transmis un enseignement fondé sur l'expérience de la relation à l'autre vécue comme discipline de conscience. Il avait une insuffisance respiratoire, une maladie pulmonaire chronique incurable, dont il mourut à l'âge de quarante neuf ans. Il aimait dire que la vie lui avait donné trois maîtres: son maître indien (Chandra Swâmi Udasin), sa femme Nadège et sa maladie.
Marie de Hennezel lui a consacré un livre entier "Mourir les yeux ouverts".

"Si quelqu'un me guérit et me retire mon mal, j'entends aussi qu'il me hisse au niveau de conscience que j'aurais atteint si j'avais moi même résolu ce que ce mal devait m'apprendre. Sinon, s'il me laisse dans le même état de conscience après m'avoir retiré mon mal, il me vole l'outil de ma croissance que peut être cette maladie."

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