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Né à
Kibe (aujourdhui dans la préfecture de Oita) en
1587 de parents chrétiens, Pierre Kibe fit de premières
études au petit séminaire local de Arima dirigé
par des Jésuites. En 1606, désirant devenir jésuite
lui-même, il commença à se faire appeler
Kasui, nom dont lorigine est obscure. Il fut
pendant un temps catéchiste au service de la mission.
En 1614, lédit dexpulsion de Tokugawa Ieyasu
envoya un grand nombre de chrétiens en exil. Pierre se
trouvait parmi ceux qui rejoignirent Macao. Il y apprit le latin
et étudia la théologie. Cependant, à Macao,
territoire portugais, les japonais n'étaient pas admis
au sacerdoce. Poursuivant son grand désir de devenir prêtre,
Kasui décida alors de se rendre à Rome. Il mit
trois ans pour arriver, en passant entre autre par Jérusalem,
premier japonais à visiter la Terre Sainte. Malgré
une lettre défavorable reçue de Macao, les jésuites
le reçurent et, après examen de ses connaissances
théologiques, l'ordonnèrent le 15 novembre 1620.
Cinq jours plus tard, il entra au noviciat jésuite, à
trente deux ans. Ayant reçu la permission de rentrer au
Japon pour y servir les chrétiens persécutés,
il achèva son noviciat à Lisbonne où il
prononça ses vux en juin 1622. Dès 1623 il
était sur le chemin du retour. Arrivé à
Goa, la suite du voyage fut plus compliquée, parce qu'aucun
navire nacceptait de chrétien désirant se
rendre au Japon. Finalement, il trouva un navire au départ
de Manille. Et, au bout de seize ans dabsence, en 1630,
il était de retour dans son pays natal. La persécution
y était acharnée. Le ministère de Pierre
Kasui se fit dans la clandestinité. Mais en 1639 il est
trahi et arrêté à Sendai. Emmené à
Edo (aujourdhui Tokyo), il fut torturé pendant dix
jours. Comme il encourageait les autres chrétiens torturés
avec lui, les gardes lachèvèrent en le décapitant
le 4 juillet 1639. Il fut le dernier survivant de lancienne
mission jésuite au Japon. |
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