2 juillet

(7 références)

 

La Visitation

17 x 14 cm, 2019

"En ces jours-là, Marie partit et se rendit en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda. Elle entra chez Zacharie et salua Élisabeth. Et il advint, dès qu’Élisabeth eut entendu la salutation de Marie, que l’enfant tressaillit dans son sein et Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint. Alors elle poussa un grand cri et dit: "Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein! Et comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur? Car, vois-tu, dès l’instant où ta salutation a frappé mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en mon sein. Oui, bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur!" (Lc 1, 39-45)

  Ste Monégonde (+570)

 Jeune fille originaire de Chartres, elle fut mariée alors qu’elle était encore jeune, et eut la grande peine de perdre ses deux filles en bas âge. Monégonde en conçut un immense chagrin, cependant la peur d’offenser Dieu en refusant de se laisser consoler, la décida à sortir de son deuil. Mais, avec le consentement de son mari, elle décida de vivre en recluse dans une annexe de sa propre maison, se livrant à la prière et une grande ascèse. La renommée de sainteté de la recluse attira à elle les malades qui venaient jusqu’à la fenêtre de son reclusoir, et elle opéra quelques miracles qui attirèrent l’attention de sa parenté. Aussi décida-t-elle de partir et de se rendre à Tours près de la basilique Saint-Martin, où les miracles continuèrent. Attirant des disciples, son nouvel ermitage se transforma en un petit monastère près de la basilique Saint-Pierre.

  St Swithin de Winchester (+862)

 Chancelier du roi d'Angleterre Egbert et précepteur de son fils, puis conseiller pour les affaires ecclésiastiques, nommé enfin évêque de Winchester, il garda toujours, dans ses hautes fonctions, le souci des pauvres et un ferme éloignement de toute occasion de chute pécheresse, ce qui ne manquait pas à la cour royale. Son austérité de vie et son amour des pauvres étaient remarquables. Il construisit beaucoup d'églises qu'il visitait en allant toujours à pied.

 


Bse Eugénie Joubert (1876-1904)

" Que mon cœur, tel une boule de cire, simple comme un enfant, se laisse désormais envelopper d’obéissance, d’un désir absolu pour la volonté divine, sans offrir d’autre résistance que celle de vouloir donner toujours plus ".

 Née à Yssingeaux dans la Haute-Loire dans une famille nombreuse, elle y reçut une profonde formation chrétienne, mais souffrit de la séparation de ses parents. Sa première communion à onze ans fut décisive pour sa vocation. En 1895, elle fut reçue chez les Sœurs de la Sainte-Famille du Sacré-Cœur. " Mon enfant, lui dit alors sa mère qui l'accompagnait, je vous donne au Bon Dieu. Ne regardez pas en arrière, mais devenez une sainte". Eugénie prit cette invitation au sérieux dès les premiers jours de son postulat. " Si je vis selon l’esprit de la foi, " écrivait-elle, " si j’aime vraiment Notre Seigneur, il me sera facile de créer une solitude au plus profond de mon cœur et, surtout, d’aimer cette solitude, de demeurer seule avec Jésus seul ". Elle prononça ses vœux en 1897 et fut envoyée comme catéchiste à Aubervilliers et Saint-Denis, où elle se dépensa sans compter pour les enfants. Sa communauté était frappée par son entrain, sa gaieté, sa piété, et sa charité. Elle fut ensuite attribuée au Puy, puis à La Darne. À partir de juin 1901, elle fut appelée à Liège, où elle exerça sa mission de catéchiste dans la paroisse Saint-Gilles. Mais elle commença à souffrir de tuberculose. Forcée à l’isolement et coincée au lit, elle savait qu’elle pouvait encore assumer un nouvel engagement : « Être fidèle dans la souffrance. C’est Jésus qui vient. Je peux donc faire beaucoup pour les âmes, pour la Sainte Famille du Sacré-Cœur. » Allant mieux, elle fut envoyée à Rome, où la Mère générale lançait une nouvelle fondation, mais dut revenir à Liège, où elle rendit son âme à Dieu à vingt huit ans, souriant et le nom de Jésus sur les lèvres.

St Jean Maximovitch de San Francisco (1896-1966) (CJ : 19 juin)

icône contemporaine

St Jean de Shanghai et de San Francisco était un homme dont la sainteté se révélait non par son éloignement des tragédies du siècle, mais au contraire au cœur même de celles-ci. Sa vie fut marquée par la révolution, l'exil, la dispersion des émigrants, la guerre, la pauvreté et les déplacements forcés. Né dans la province de Kharkiv à la fin du XIXe siècle, Mikhaïl Maksimovich reçut une éducation profane, mais choisit la voie de l'Église. En exil en Serbie, il prononça ses vœux monastiques sous le nom de Jean et devint rapidement connu comme un grand ascète, un théologien et un pasteur. Shanghai occupa une place particulière dans son ministère. Là, St Jean ne se contenta pas de servir la communauté émigrée, mais prit également soin de ceux qui restaient souvent invisibles : les orphelins, les malades, les pauvres et les personnes isolées. Son ministère pastoral ne se limitait pas aux murs de l'église. Son action se poursuivit dans les rues, les hôpitaux, les refuges et les foyers de ceux qui connaissaient le besoin et le deuil. Lorsque des réfugiés furent contraints de quitter la Chine, le saint se retrouva avec eux sur l'île de Tubabao. Plus tard, il chercha refuge avec ses fidèles en Amérique. Ainsi, son ministère devint non seulement spirituel, mais aussi salvifique : il accompagna les gens à travers les frontières, les camps et l'incertitude. Après être passé en Belgique et en France, St Jean passa ses dernières années à San Francisco. Son voyage terrestre s'acheva là, mais sa vénération perdura. Pour les croyants orthodoxes, il demeure une figure emblématique du pasteur qui ne dissociait ni la prière de l'action, ni la foi de la responsabilité envers autrui.

Mehdi Dibaj (1935-1994)

"Jésus Christ est notre Sauveur et il est le Fils de Dieu. Savoir cela c’est connaître la vie sans fin. Moi, qui suis un pécheur inutile, j’ai mis ma foi dans sa personne aimée et dans tous les faits et gestes qui la concernent et qui sont contenus dans les Évangiles, et j’ai remis ma vie entre ses mains. A présent, ma vie n’est qu’une occasion qui m’est donnée pour le servir ; la mort ne sera rien d’autre qu’une façon plus effective de demeurer en Christ. C’est la raison pour laquelle j’éprouve du bonheur à être prisonnier pour l’honneur de son saint Nom, mais je suis prêt à donner ma vie par amour de Jésus, mon Seigneur, en entrant ainsi par anticipation dans son royaume, auquel tous les élus ont accès. Puisse l’ombre de la magnanimité divine et la main du Père qui bénit et guérit se poser et demeurer pour toujours sur vous. Amen." (Mehdi Dibaj, Déclaration à la Cour islamique au moment de la condamnation)

 Les Églises protestantes de diverses confessions font mémoire en ce jour de trois figures emblématiques de pasteurs, martyrs de l’intolérance religieuse qui s’est répandue avec une incroyable virulence en Iran, à partir des années 80. Le 2 juillet 1994, on retrouve le cadavre de Tateos Michaelian, pasteur de l’Église évangélique arménienne, tué à coups de pistolet par un inconnu ; trois jours plus tard, le pasteur Mehdi Dibaj, de l’Église de l’Assemblée de Dieu subit un sort analogue. Il s’agit du troisième homicide, dans la même année, de hauts représentants des Églises chrétiennes en Iran : en janvier, en effet, l’évêque de l’Assemblée de Dieu, Haik Hovsepian Mehr avait été tué, finissant prématurément ses jours sous les coups des sicaires envoyés par les franges les plus intolérantes des dirigeants islamistes iraniens. Tous les trois pasteurs évangéliques, iraniens de naissance, avaient été à diverses reprises menacés en raison de leur foi chrétienne. Medhi Dibaj, accusé depuis son plus jeune âge d’avoir abjuré la religion de ses pères, avait passé plus de dix ans en prison, et son histoire semblait devoir désormais se terminer par la condamnation à mort en décembre 1993, sentence qui fut annulée en raison des pressions de la communauté internationale. Leur joyeuse et ferme adhésion à la foi en Christ, et leur refus d’abandonner, à l’heure de l’épreuve, le troupeau qui leur avait été confié, ont fait de ces trois figures un symbole du sens que peut prendre la présence pacifique des chrétiens en des terres qui, humainement, sembleraient ne leur réserver aucun avenir.

Elie Wiesel (1928-2016)

 "Pour moi, c’est un fait indéniable : il est impossible d’accepter Auschwitz avec Dieu, ni sans Dieu. Mais alors, son silence, comment le comprendre ?" Rescapé des camps dans lesquels il a vu mourir son père, sa mère, sa sœur, le jeune juif de Sighet, en Roumanie, n’a jamais vraiment quitté cet enfer. Né en Roumanie actuelle, le jeune Eliezer est obsédé par la connaissance de Dieu. À son père épicier, il confie son désir des études rabbiniques. Mais il y aura la guerre, et la folie nazie, et les camps. Il en réchappe, et devient étudiant à la Sorbonne, puis journaliste. François Mauriac lui parle de l’Holocauste : « Que de fois j’ai pensé à ces enfants ! » Elie Wiesel réplique alors : « Je suis l’un d’eux », dès lors encouragé par l’académicien catholique à témoigner. En 1958, le rescapé publie La nuit, un des titres les plus poignants de la littérature pour décrire l’univers concentrationnaire. En quelques dizaines de pages, celui qui devient un écrivain universel raconte les camps de concentration. Sa communauté déportée en 1944 n’avait rien vu venir. En descendant du wagon à bestiaux, la réalité saute au visage : « Devant nous les flammes. Dans l’air, cette odeur de chair brûlée. Il devait être minuit. Nous étions arrivés. À Birkenau. » L’adolescent se souvient de ces jours d’effroi. Sous ses yeux, son père est frappé à mort par un SS : "J’ai laissé mon vieux père seul agoniser. Sa voix ne parvenait de si loin, de si près. Mais je n’ai pas bougé. Je ne me le pardonnerai jamais." Le jeune journaliste devient alors écrivain, auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, romans, essais. Une œuvre foisonnante, tournant sans fin autour de l’énigme du mal, du silence de Dieu, du sens de la vie. Pétri de la tradition hassidique qui cherche et interroge le monde à travers les histoires, il s’engage et combat les totalitarismes en URSS, au Cambodge, en Bosnie et partout ailleurs, signant notamment un appel lancé par Pèlerin pour la paix aux Darfour (mars 2007). « J’ai juré de ne jamais me taire quand des êtres humains endurent la souffrance et l’humiliation, où que ce soit », déclare-t-il en recevant le Prix Nobel de la Paix à Oslo (Norvège), le 10 décembre 1986. Le mince filet de sa voix invitait à la méditation. Le regard profond sous les sourcils broussailleux portait à la confidence. Plus que des certitudes, l’homme ne cessait de s’interroger : « Qu’ai-je fait, et manqué de faire, durant ce long parcours composé de rêves et de défis ? » Il a sauvé les morts d’Auschwitz de l’oubli et préservé la mémoire du monde. Ses livres parleront encore après lui. (C. Henning, le Pelerin)

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