20 février

(5 références)

 

St Eleuthère de Tournai (+531)

 

St Éleuthère est né aux environs de 456. Sacré évêque de Tournai à l'âge de trente ans par saint Remi de Reims en 486, il dut d'abord affronter une très forte hostilité de la part d'une population redevenue païenne dans le désordre des invasions barbares. Mais il arriva à s'imposer par sa patience, ses prières et des miracles. Le lendemain du baptême de Clovis, il baptisa à Tournai un grand nombre de païens.

Mais l'hostilité restait toujours latente. Un jour, il fut attendu à la sortie de son église et roué de coups. Il mourut quelques jours plus tard, des suites de ses blessures, le 20 février 531.

 

 Ste Mildred (VIIe siècle)

icône contemporaine

A la suite de l'assassinat de ses deux neveux par le roi du Kent en Angleterre, elle et sa soeur reçurent des indemnités qu'elles employèrent à fonder le monastère de Minstrey dont Mildred fut l'abbesse.

 

St Eucher d'Orléans (+738)

 

Depuis sept ans, il vivait heureux à l'abbaye de Jumièges en Normandie, quand ses concitoyens obtinrent de Charles Martel qu'il leur fut donné comme évêque. Il fit mine de ne rien savoir et ne bougea point. Charles Martel lui écrivit qu'il le ferait transporter à Orléans par ses soldats, s'il tardait à se mettre en route. Eucher dut s'incliner et quitta Jumièges les larmes aux yeux. Tout alla bien jusqu'à la bataille de Poitiers (732). Estimant que ses soldats avaient sauvé l'Eglise de l'Islam, Charles décida de s'indemniser en s'emparant des vases d'or servant au culte. Tous les évêques se turent, tant ils avaient peur, et seul Eucher protesta. Destitué et exilé à Cologne, cette riche Eglise, déjà trop taxée, le reçut en héros, le logea dans un palais et l'invita à présider les grandes cérémonies liturgiques. Charles Martel se fâcha devant ce centre d'opposition. Il envoya le gouverneur de Liège pour sequestrer saint Eucher. Robert de Liège se laissa convaincre par St Eucher qui lui demanda de redevenir moine à Saint-Trond, comme jadis à Jumièges dont il avait toujours gardé la nostalgie.

St Léon de Catane (+787)

 

Ce chrétien de Ravenne renonça à son riche héritage pour se mettre au service du Christ et de l'Eglise. Il devint évêque de Catane en Sicile, libérant son Eglise de l'idolâtrie qui s'y maintenait. Energique et tranchant en ce qui concerne la Foi, il était débordant d'amour et de compassion pour les pauvres. Sa réussite le fit appeler à la cour de Byzance qui voulait voir son pouvoir de guérison.

 

 

Bse Julia Rodzinska (1899-1945)

Orpheline à l'âge de dix ans, Stanislawa Rodzinska fut recueillie avec sa petite sœur au couvent des religieuses du Tiers-Ordre dominicain de Wielowski, ou elle entra à l'âge de 17 ans sous le nom de Julia (Marie-Julie). La Pologne renaissait de ses cendres, et les sœurs fondaient ou renforçaient les communautés dominicaines du pays réunifié. Elles y fondèrent aussi des orphelinats. Julia prononça ses vœux définitifs en 1924 et fut surnommée la mère des orphelins ; elle organisait des écoles et des colonies de vacances pour les enfants défavorisés. En 1934, elle devint supérieure de l’orphelinat de Wilno. En septembre 1939, lorsque la Pologne fut envahie, Wilno (désormais Vilnius) passa aux Soviétiques. Julia dut fermer l'école et continua en secret à donner des cours de religion, et de polonais, langue désormais interdite. Lorsque les Allemands prirent la région, elle continua ses activités clandestines. En juillet 1943, sœur Julia fut arrêtée par la Gestapo et détenue à la prison de Lukiszki à Wilno. Elle y fut gardée une année en strict isolement, dans un petit bloc de ciment où elle ne pouvait pas bouger. Les sœurs emprisonnées étaient torturées physiquement et psychologi- quement, et un grand nombre de prisonniers étaient exécutés. En juillet 1944, sœur Julia fut transférée au camp de concentration de Stutthof, près de Gdansk. Le voyage dura plusieurs jours, dans un wagon à bestiaux, avec des malades et des mourants. Les sœurs furent violées à l’arrivée dans le camp. Sœur Julia fut placée dans le secteur juif du camp avec le numéro 40992 tatoué sur son bras. La faim, la torture, la terreur, le labeur épuisant et le sadisme des gardiens constituaient la routine quotidienne. Les femmes les plus fragiles étaient sélectionnées chaque jour pour mourir gazées. Quoique la plupart des détenues de sa baraque fussent juives, issues de toute l’Europe, sœur Julia organisait avec elles une prière commune quotidienne. Les survivantes ont évoqué son courage, sa prière, son espérance et sa générosité. Elle partageait ses maigres aliments avec les prisonnières. Ces dernières lui demandaient d’intervenir en cas de conflits entre elles. Ewa Hoff qui survécut au camp a écrit de Julia : « Elle était noble, désireuse d’aider, bonne. Dans le camp, où toute pitié était totalement oubliée, elle servait avec miséricorde ». Quand elle priait, sœur Julia restait à genoux et ne se levait pas à l’entrée des gardiens dans les baraques, ce qui les déconcertait. Ayant appris un jour que le mari de l’une des prisonnières, qui se trouvait dans une autre section du camp, voulait se suicider, sœur Julia réussit à plusieurs reprises à lui faire passer des lettres, pour le convaincre de ne pas perdre espoir. Au bout du compte, il survécut au camp et à la guerre. En novembre 1944, on clôtura un secteur du camp pour les malades atteints de typhoïde, et sœur Julia se porta volontaire pour les rejoindre. Au milieu des corps putrides et affamés, elle apporta espoir et charité. Elle réussit à tirer d’un amas de corps destinés à la crémation une femme qui était encore en vie. Cette femme survécut et a rendu hommage à sœur Julia. À la libération du camp, le 30 janvier 1945, il y avait dans le secteur juif 6922 femmes agonisantes. Sœur Julia était parmi elles, elle mourut le 20 février 1945.

jour précédent jour suivant