10 décembre

(5 références)

 

St Ménas d'Alexandrie (+ v. 313)

icône contemporaine

Athénien très cultivé et professeur à Alexandrie, il fut décapité dans cette ville sous Dioclétien, avec ses compagnons Hermogène et Eugraphe.

 

St Romaric (+ 653)

 

Père de famille, ancien courtisan du roi d'Austrasie Théodebert, il était "leude" de la cour de Metz, ce qui signifie qu'il avait un lien personnel de servitude avec cette cour. Il vit ses biens confisqués par les partisans de la cruelle reine Brunehaut. Lorsque les affaires changèrent de face, et revenu en grâce à la cour, il resta convaincu de l'instabilité des choses humaines et fut converti à la vie monastique par saint Aimé, disciple de saint Colomban, venu de Grenoble.
Devenu moine à Luxeuil, dans les Vosges, il fonda avec lui à Saint-Mont un monastère double (moines au bas de la montagne, moniales au sommet, monastère fondé par deux de ses filles.) qui s'appellera 'Romarici Mons' qui deviendra l'actuel Remiremont. C'est là qu'il mourra en 653.

 

St Grégoire III (+ 741)

Pape, syrien d'origine, il fut choisi comme évêque de Rome d'une manière unanime par le clergé et le peuple. Il tenta de ramener à la saine doctrine les iconoclastes de l'empereur Léon l'Isaurien. Il dut faire appel à Charles Martel pour se dégager du roi des Lombards Luitprand qui avait assiégé Rome et pillé la basilique de Saint Pierre au Vatican ; c'est ainsi que se nouèrent les premiers liens entre la France et la papauté.

 

Thomas Merton (1915-1968)

Né le 31 janvier 1915 à Prades (Pyrénées Orientales), de parents américains, Thomas Merton consacra la première partie de sa vie à la littérature. Il commence ses études en France et les poursuit en Angleterre. Après ses voyages en Allemagne, France et Italie, il rentre en Amérique en 1935 pour terminer ses études à l’Université de Columbia (New York), où il obtient un doctorat ès lettres sur “La nature et l’art chez William Blake”. Dans les années qui suivent, il prend des engagements politiques, religieux, littéraires aussi passionnels qu’éphèmères pour aboutir à une véritable “descente aux enfers”. C’est au plus profond du désespoir qu’il découvre “l’unique nécessaire”. L’année 1938 marque sa conversion au catholicisme. Il enseigne un temps au collège de Saint-Bonaventure, puis il entre à la Trappe de Notre Dame de Gethsémani dans le Kentucky et prend le nom de “Louis”. Après plus de dix années de vie cachée, Merton se voit soudainement considéré comme un symbole de la vie contemplative, du fait de son autobiographie spirituelle, La nuit privée d’étoiles, qui le fait connaître dans le monde entier. Il éprouve pourtant peu de penchant pour la célébrité qu’on lui manifeste, et passe les dernières années de sa vie en ermite, pour se rendre apte, dans une plus grande solitude, à élargir son cœur jusqu’à témoigner compassion et sollicitude pour toutes les souffrances humaines. C’est un “contemplatif-actif” : assidu à la prière et désireux de se tenir en retrait, il est aussi happé par les besoins de l’Eglise et du monde. L’enceinte de son ermitage était ainsi devenue l’espace où il pouvait être le gardien de tous ses frères, puisqu’il faisait tomber, dans la prière et avec la force de son intériorité, les murs les plus épais qui séparent les hommes. Il demeure en particulier le grand précurseur du dialogue interreligieux entre Orient et Occident.

“ Le recueillement est davantage que le simple fait de rentrer en soi. Il met l’âme en contact avec Dieu dont l’invisible présence est une lumière pour celui qui voit toutes choses en elle et trouve aussi la paix en Lui et autour de Lui. ”

Karl Barth (1886-1968)

Ce même 10 décembre 1968, Karl Barth, pasteur de l’Église réformée suisse et l’un des plus grands théologiens du XXe siècle, achève la trajectoire de sa vie terrestre.
Karl Barth est né à Bâle en 1886 ; après des études à Berne, à Berlin, à Tübingen et à Marburg, il devint pasteur à Genève, puis à Safenwil, en Argovie. Dès le début, il s’engagea avec ardeur dans les questions sociales, au point d’adhérer au parti socialiste et de prendre une part active à ses travaux. Puis face à la montée du nazisme, il fut parmi les principaux animateurs de l’Église confessante d’Allemagne. En exil à l’université de Bâle, il s’adonnera dès 1935 et jusqu’à ses derniers jours, à l’écriture de sa colossale Dogmatique ecclésiale. Née du souci concret d’annoncer l’Évangile, la théologie de Barth fut, dans le sillage de saint Anselme et de Kierkegaard, une tentative d’expliquer la foi à partir de l’expérience de la foi même. Barth était convaincu, en effet, que l’annonce chrétienne ne vient pas comme une réponse aux angoisses de l’homme, mais qu’elle naît au contraire de l’écoute d’un Dieu qui est le centre irradiant de la théologie : c’est Dieu, en Christ, qui a l’initiative du dialogue avec l’homme. Mais précisément parce qu’elle s’est révélée en Christ, l’initiative de Dieu implique désormais l’homme dans sa vocation et sa totalité : ce sera le thème de ses grandes conférences de 1956 consacrées à « l’humanité de Dieu ». Poussé par ces convictions, Karl Barth continua à prêcher – comme une conséquence de l’écoute obéissante que l’homme doit à Dieu – à la fois le devoir de s’engager pour refaire l’unité entre les Églises du Christ, et le devoir de lutter en faveur de tout homme victime du péché, de l’injustice ou de la violence. À sa mort, des chrétiens de toutes les Églises et de tous continents, venus nombreux pour ses obsèques, voulurent lui témoigner leur reconnaissance pour le témoignage que, par sa vie tout entière, il avait rendu au Seigneur.

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